mercredi 17 février 2010

Un livre bien étrange

Le sang coula. Ce liquide, qui devrait pourtant m'être familier, me paraissait étrange et incongru, comme s' il ne m'appartenais pas, ou s'il était celui d'une autre personne, de n'importe qui ! Mais pas le mien ... Ce fleuve rouge s'écoulait pourtant de mon corps sur le marbre qui se paraît de veines rouges.

Comment en était-je arrivé là ? Tandis que mon assassin s'éloignait, déjà forme indistinct dans l'obscurité de la nuit, les souvenirs se bousculaient devant mes yeux et la trame du destin se nouait. Un malheureux concours de circonstances ? Je ne peu y croire, les
éléments se sont suivis parfaitement, et peu être un peu trop parfaitement à mon goût ...

J'étais à Paris pour affaire, comptant récupérer plusieurs biens, pour mon plus grand malheur, car c'est là que tout a commencée. Ce n'est certainement pas le hasard qui me fit passer la porte de cette sombre échoppe ce matin d'automne, tandis que le ciel vomissait des trombes d'eau sur la ville, comme pour lui nier le droit d'exister.
C'est donc poussée par la nécessitée de trouver un toit sous lequel m'abriter de la fureur des éléments que par simple curiosité que je pénétra dans cette boutiques à la façade sombre et pale sous la lumière grise du soleil.

Après avoir franchit la porte, je me sentis oppressé par les hautes étagères couvertes de livres et de bibelot ancien. Des dragons chinois de porcelaine, un vase en bronze, plusieurs plantes grimpantes, une lampe d'Alladin, une collection de trimballes en argent recouverte par une épaisse couche de poussière et le vendeur, un vieillard chinois a la barbe noir, complétait le tableau. Dehors, la pluie cessa et je m'approcha d'un calice doré qui cotoyait
Mon attention fut immédiatement attirée par un livre à l'épaisse couverture bleu foncé qui se dissimulait sous une pile de bric-a-brac divers où plusieurs liasses de parchemin, un vieux sextant et d'autres objets insolites.
Tandis que je me saisissait de cet ouvrage, l'homme du comptoir me demanda :
« Vous l'achetez ? »
Je ne sus que dire. Celui-ci, un vieillard décrépit, croyant sans doute que je ne l'avait pas entendu, répéta :
« Vous le prenez ? » .Cette fois, je me réussit à articuler un faible acquiescement.
Je pris le livre qui, dans mes mains, se révélait banal. La couverture bleu était piqueté de taches jaunes, et la premières pages couverte d'une écriture soignée à l'encre noire.
« Il est midi ; je vais fermer, me fit remarquer le vendeur »
Je paya le livre puis sortie. J'avais à faire ailleurs.
Dehors, les quelques passants surpris par la pluie s'abritait sous les porches et les gouttières. Je me sentis suivit, et me retourna ; personne. Pourtant j'aurai jurée ...

Le temps pressais, et tandis , un rayon de soleil perça le couche nuageuse. Une fois chez moi, je retira mon manteau trempé et, négligeant de retirer mes chaussures, je me précipita à ma table de travaille, retirai le papier trempé qui enveloppait le livre et l'ouvrit à la première page, qui était blanche. Je fus soudain hantée par l'idée d'avoir été suivi, m'approcha de la fenêtre et regarda au dehors, où une homme, seul, rangeait son parapluie. Soulagé, je retourna à mon bureau et, sur d'avoir rêvé, je rouvrit le livre à le première page, qui était cette fois-ci couverte d'une écriture bleu. J'eus soudain une faim de loup et la pendule de ma cuisine m'annonça charitablement qu'il était midi et demi.

Il n'y croyait pas ! Après tant d'années de recherche, se faire voler le fruit de ses efforts sous ses yeux ! Il jouait de malchance depuis le début. L'homme regarda le bâtiment de l'autre coté de la rue et pesta intérieurement, tout en regardant sa montre. Il était presque l'heure ! Et ce maudit gamin, quand comprendrait-il son erreur, qu'il n'aurait pas du se mêler de cette affaire ?
Il devait prendre une décision, son commanditaire ne tolérerai pas une journée de plus sur un retard déjà bien avancé. Bien, il finirait son oeuvre dans le temps impartie, même si il lui fallait utiliser la force. Il prit sa décision, lourde de conséquences, ferma son parapluie, sortit un papier de son manteau, griffonna quelques mots et traversa la rue.

Je retirai mes lunette et les posas sur le bureau, allât tirer les rideaux, car le soleil qui se déversait à flot dans la pièce m'aveuglai, puis pris mes chaussures trempé et les rangea après quoi je retourna à mon bureau, où je me repencha sur la première page.
Après quelques secondes de réflexion sur cette agaçante feuille de papier, je me récapitula les fait à moi-même : elle avait été successivement couverte d'une écriture noir, puis était devenu blanche avant de passer au lignes de caractères bleu que je tenais sous mes yeux. Une petite partie de ma raison me soufflait qu'un tel livre pouvait être dangereux, mais la curiosité était la plus forte et j'allais lire la première ligne quand on frappa à la porte.

Il frappa à la porte ; personne. L'adresse n'était donc pas la bonne ? Il frappa encore une fois. Un bruit de pas précipité se fit entendre et la porte s'ouvrit sur un jeune homme.
Parfais. Sa satisfaction intérieur le fit sourire. Et dire que le bouquin était tout près ! Il entama :
« Bonjours, je suis là pour le gaz. On ne vous à pas prévenu ? »
Il s'avança, alors que le propriétaire du lieu reprenait contenance, et chercha des yeux l'ouvrage qu'il convoitait. C'était trop facile. Il était posé a quelques mètres de là sur le bureau, à quelques pas seulement ! Il jubilation intérieurement et faillit se précipiter pour s'en saisir. Faillit. Cela aurait si facile ! Il se voyait déjà avec le grimoire entre les mains lorsque l'homme lui répondit :
« Non, on ne m'a pas prévenu. Cela concerne le compteur ?
- Oui , mais nous repasserons plus tard, merci du dérangement. »

J'ouvris la porte. Je n'aurais pas dû. Mais comment aurai-je pu deviner ?
Après avoir échanger quelques mots avec le visiteur, je me retourna pour prendre mes clé. Sans comprendre pourquoi, je me retrouva dans le noir et je comprit ; cela faisait longtemps que je n'avais plus le gaz … Je m'effondra et la dernière pensée fut pour mon réveil, égaré sur le plancher, qui marquait deux heures et demi.

L'homme en noir massa son poing : le gamin avais le crane dure ! Il enjamba le corps, se saisi prestement du livre, et sortie en trombe, sans voir se détacher la première page que glissa sous les franges du tapis. Il jura contre l'ascenseur, dévala l'escalier, renversa le concierge et se réfugia dans sa voiture.
Les embouteillages de Paris deviendront célèbre s'il ne le sont pas déjà, et, traitant de touts les noms les chauffards et les policiers, il sortit son portable et choisi un numéro en mémoire :
« Le renard a récupéré le fromage, mais le corbeau est tombé de son arbre. J'aimerai que épouvantail envoi la pie pour nettoyer le nid.
- L'épouvantail le n'a que faire du corbeau, mais la pie prendra le fromage à l'endroit de sa première rencontre avec le renard. Épouvantail sera absent car il dois surveiller le poulailler. »
L'homme rangea son portable, se reconcentra sur la route pour essayer d'oublier la voix métallique de son commanditaire et posa son regarde sur le tableau de bord, où l'horloge indiquai deux heures quarante quatre en chiffres digital.
Ce fut une douleur lancinante aux hanches ainsi qu'une crampe à la jambe qui me sorties de ma torpeur. Le sang coula. Il mouille le sol de marbre et le tapis, et colore de rouge le feuillet manquant, qui se trouve étalé sous mon regard. Je lève les yeux observe ma montre, cadeau de ma mère, glisser sur le bord du bureau, rebondir sur un tiroir à demi ouvert et éclater sur le sol en illuminant la scène de débris miroitants. Elle marquera désormais trois heures pile à tout jamais.

dimanche 14 février 2010

Drôle de meurtre

Dans cette province où tout paraissait normal, subsistait depuis bien longtemps un village sans problème, sans histoire et avec une moyenne d’âge assez élevée. Ce village était situé au milieu de la forêt, et était le lieu idéal pour une retraite paisible. Placé au creux des montagnes et à côté des plus beaux lacs de la région, il offrait en hiver un paysage somptueux, où les lacs, gelés, donnaient aux enfants, les rares qui habitaient encore dans cette province écartée de tout, de très vastes terrains de jeux. Dans ce paysage splendide, vivait un homme rongé par l’inactivité de cette ville et de sa vie, a l’écart de l'ambience provinciale de laquelle il se sentait exclu. Il était arrivé à Chavannes quelques mois auparavant en provenance de la capitale, mais il était différent des habitants de la ville, il était très critiqué. Par ses méthodes, il séduisait les dames et suscitait la jalousie des hommes. Tous les commerçants le critiquaient mais, disaient-ils, il apportait de l’argent à la ville alors à quoi bon l’éviter ?

Il était jeune, avait environ trente ans, et appartenait sans doute à une classe sociale très élevée. Il était bien habillé, humble mais seulement en apparence; il était assez fin mais musclé, il avait des jambes très fines mais assez noueuses; un bassin inhabituellement large pour un homme de ce gabarit mais un ventre inexistant : il n’avait que la peau sur les os. Il avait des épaules amaigries et un petit cou, tel celui des tortues, un visage ovale avec de grosses lèvres et un nez peu engageant. Mais ses yeux ! Quels yeux ! Ils étaient d’un bleu cobalt, pleins de malice et de fougue ! Mais, malheur à vous si votre regard croisait le sien, même si vous pouviez rester des heures à le contempler, automatiquement vous baissiez les yeux bien avant lui. Vous le regardiez sans doute sans souci si seulement il ne donnait pas ce sentiment étrange que l’on ressent lorsque nous croisons des yeux la chose qui nous fait le plus peur. Sous ce regard de séducteur et ce corps qu’il essayait de re-sculpter chaque jour par sa course matinale, son regard donnait des frissons par sa froideur et son mépris. Cet homme se nommait Théodore de Mitancoure.

En ce jour ensoleillé à l’aube du printemps, Théodore faisait sa course matinale près des lacs. Arrivé devant chez lui, il découvrit sur la porte un mot menaçant accroché : « si vous rentrez chez vous maintenant votre vie ne sera plus que désespoir et solitude, bizarrerie et lamentation, ce sera le début de votre folie et la fin de votre vie. ». Il décida d’entrer malgré tout ce qui l’attendait car il se savait détester des hommes du village et ne voulait pas se laisser impressionner. Il entra et, en plein milieu de ce salon, d’habitude accueillant, parfumé et extrêmement bien rangé, dominait une atmosphère désagréable et peu commune. Le désordre régnait, le lustre s’était détaché, le fauteuil renversé, la table fendue en deux par le centre, et enfin cette odeur ! Une odeur repoussante, fortement désagréable planait, c’était l’odeur d’un corps. Mais pas de n’importe quel corps, un corps ruiné par le temps, un corps mort depuis longtemps, un corps… en décomposition. A ce moment, il comprit qu’il aurait mieux fait de ne pas entrer. Seulement, maintenant qu’il en était la, il était inconcevable de prévenir la police parce qu’il voulait que cela reste secret, du moins le plus possible, car il savait que tout le village serait bientôt au courant- c’est surtout parce qu’il était bien trop fier pour agir ainsi. Il décida de résoudre cette enquête seul. Le corps qui encombrait son salon était sans doute celui d’un homme, très maigre avec un nez anormalement gros, c’est en tout cas les seules informations que pouvait encore tirer un homme qui n’était pas médecin de profession, et encore moins légiste, de ce déchet humain.

A partir de ce jour Théodore décida de ne plus sortir de chez lui tant qu’il n’aurait pas résolu l’énigme. Il se mit à observer le corps avec attention. Il découvrit, autour du cou presque inexistant du mort, une chaîne. Mais impossible de dire sa couleur ni ce que le médaillon représentait ; pourtant elle lui rappelait quelque chose, mais quoi ? Il observa alors les vêtements intacts du mort ce qui l’intrigua fortement d’ailleurs. Il se demandait comment une personne dans un si mauvais état pouvait encore porter des habits si bien préservés. Ce mort attisait sa curiosité car tout en ce corps inactif lui faisait penser à quelque chose de connu, mais impossible d’y placé une image.

Un matin, le seul couple avec lequel il ait lié un semblant d’amitié au cours de ses balades, décida de faire un détour par la maison de leur ami étonné de ne plus le rencontrer comme à leur habitude.

Une fois arrivés devant la porte de leur camarade, ils sonnèrent. Rien. La sonnette retentit à nouveau, encore et encore, infatigable. Théodore à l’intérieur paniquait depuis le moment où il avait entendu la sonnette, mais essaya de garder son sang froid… Il était désormais totalement immergé dans sa panique, sa peur, son effroi, sa folie. Le bain de sueur froide dans lequel il s’était plongé le noya mais enfin la sonnette s’arrêta. Par miracle Dieu avait entendu sa prière.

Quand enfin les sueurs froides eurent quitté son dos, une bouffée de chaleur vint l'étouffer, l'aveugler, l'exténuer, l'achever. Il se croyait mort mais il ne l'était pas. Pourtant quel soulagement aurait-ce été pour lui que la mort. Plus de meurtre à élucider, plus de frayeur à supporter, plus de personne à éviter. Plus aucune responsabilité. Il enviait cette mort. Il la convoitait, il la taquinait, il y échappait ; mais il la vénérait. Sa vision était trouble , il ne voyait plus rien, il était plongé dans une sorte de coma sans fin mais il était pourtant conscient de ses actes, maître de ses pensées et directeur de sa vie. Il monta dans sa chambre, s'allongea puis, plus, rien.

Ce n’est que quelques jours plus tard, à cause de l’odeur pestilentielle, que Théodore s’extirpa du long somme dans lequel il était plongé. En effet le cadavre continuait à se décomposer, et pour cela il n’avait pas besoin d’aide de son enquêteur improvisé. Quand Théodore arriva dans son salon instinctivement son regard se posa sur le cadavre ou devrais-je plutôt dire sur les vestiges d’un être humain. La chair avait pratiquement disparu des os de l’individu, les insectes avaient bien fait leur travail. Il ne restait plus que les vêtements, le médaillon et … Qu’est- ce que cela faisait là ? La montre que Théodore mettait quand il était chez lui était accrochée au reste du poignet de ce débris humain. Il palpa son propre poignet. La montre y était bien accrochée, la montre du cadavre et celle de Théodore était identique. Il détacha celle du cadavre et regarda si une inscription y était gravée. Oui, une inscription y était gravée, c’était le même que celle qu’il avait sur la sienne : « A toi mon fils aimé que je chéris et protège. Ton père ». Sa respiration s’accéléra, son cœur battait de plus en plus vite, inconsciemment les pensées de Théodore s’entrechoquaient. Quand l’une apparaissait une autre venait la bousculer et prendre sa place. Sa tête était comme de la lave en fusion : prête à montrer les dégâts qu’elle pouvait causer ; plus rien ne pouvait retenir ce cri, strident et plein d’effroi, comme celui que poussent les hommes avant de franchir les portes du Cocyte. Puis la haine l’envahit, son père lui avait-il menti, avait-il un autre fils et Théodore un frère ? Du calme Théodore ou la haine que tu ressens t’amènera au Styx. Ce murmure avait agit sur lui tel une phrase de trop, « Pourquoi m’as-tu menti pendant tant d’années ? Traître, montre-toi ! Ta mort ne serait- elle pas l’aboutissement de tous les mensonges que tu as pu nous dire ? Où es-tu ? Lâche !».Il regardait partout criant et insultant ainsi pendant quelques minutes puis envoya contre le mur la montre du cadavre. Il enleva les vêtements du mort avec tant de violence que les os se séparèrent. Mais, là encore se trouvait une ressemblanced, c’en était une de trop. Les habits du corps inanimé étaient ceux du père de Théodore, mort il y a 5 ans et dont il était le seul à avoir hérité. Il mettait ces affaires une seule fois par an : le jour de la date anniversaire de la mort de son père. Il cria, ce cri venait du plus profond de son cœur et de ses entrailles.

La disparition de cette chair permis à Théodore d’identifier comment l’homme allongé sur le sol de son salon, depuis presque un mois maintenant, était mort : une corde, encore rouge de sang, était camouflée dans les vêtements du cadavre. Cet homme serait –il donc venu chez Théodore dans le but de se suicider ? Serait-ce lui, Théodore, qui l’avait tué ? Serait-ce quelqu’un qui aurait tué cet homme et aurait pris soin de faire graver sur une montre, identique a celle de Théodore, la même inscription que celle que le père de Théodore avait gravé sur la sienne. Pris les vêtements de ce dernier et habillé ainsi le cadavre. Aurait-il prit la peine d’écrire un message pour prévenir la personne qui découvrirait le cadavre? Possible mais assez fou. De plus, cette corde était celle qui accrochait le lustre au plafond. C’était de la que venait les dégats dans le salon.

Quelques heures plus tard, quelque chose le poussait à croire que le seul assassin possible dans ce meurtre, c’était lui. Il ne savait ni comment ni pourquoi il avait commit ce meurtre mais il était pourtant persuadé qu’il était le tueur. Poussé par cette conviction, il se rendit au bureau du commissaire Pouillard. Après avoir écouté attentivement l’histoire que cet homme lui avait contée, Jean Pouillard en vint à la conclusion qu’il avait devant lui un fou et lui demanda de repasser le lendemain. Tout avait été décrit dans les moindres détails, l’homme qui le contait était sans doute fou mais pourquoi ne pas le croire ?

Le lendemain Jean Pouillard attendit Théodore toute la journée mais il ne vint pas. Le temps passa et Théodore ne revint pas. Une semaine plus tard il décida d’aller le voir à son domicile. Sur la porte il trouva le mot menaçant dont lui avait parlé Théodore. Inquiet il décida de rentrer sans même sonner. Dans le salon qui, autrefois devait être accueillant, parfumé et extrêmement bien rangé, le désordre régnait, une odeur pestilentielle planait, au sol se trouvait un lustre réduit en cendre, un fauteuil renversé et un mort. A la place exacte ou Théodore l’avait situé dans le récit. Jean s’en approcha et reconnut immédiatement l’homme allongé sur le sol, la folie en moins, c’était l’homme qui, quelques jours plus tôt lui avait décrit la scène. Tout était comme il l’avait conté. Les vêtements que portait le cadavre était ceux qu’avait vu Théodore, la montre était la même, le médaillon aussi. Il regarda dans les vêtements du mort : une corde, encore rouge de sang était dissimulée. Tous les éléments racontés étaient présents.

Le policier ricana : « Moi je sais comment tu es mort, tu t’es suicidé cher ami. ».Se tuer car on a vu sa propre mort a l’avance, qu’est-ce donc si ce n’est l’ironie du sort ?

samedi 13 février 2010

Le Blasphème

Journal, 1947

7 juin
J’arrive dans ma nouvelle maison située dans un petit village, près du Rhône. J’aime beaucoup la campagne avec ses paysages pittoresques qui font ressurgir en moi des souvenirs inoubliables.
8 juin
Matin
C’est la deuxième journée de mon arrivée et je souhaite de mieux connaître les alentours.
Soir
La promenade a été longue et agréable. Pas loin de ma maison il y a une belle forêt où les oiseaux trouvent leurs maisons,sur les vieilles branches des arbres et chantent comme dans un grand orchestre. J’adore la vie au milieu de la nature !
12 juin
J’ai passé quelques journées à ranger la maison .Je sens que la vie me sourit. Aujourd’hui, les jours où je baignais dans la tristesse sont un mauvais souvenir.
13 juin
Jusqu'à aujourd’hui rien d’extraordinaire ne bouleversait ma vie . Ce midi, j’ai décidé d’aller cueillir de la camomille .L’air parfumé de la nature emplissait mes poumons de joie. J’étais heureux comme un oiseau dans l’air .
Sur le chemin, j’ai rencontré un chat. Tout était parfait jusqu’au moment de la découverte d'un cimetière caché entre deux collines .J'ai senti mon sang se glacer dans mes veines, j’arrivais à peine à respirer…la peur me gagne. J’étais seul…le chat avait disparu …


14 juin
Je ne peux pas m’expliquer tout ce qui m’est arrivé hier, je suis troublé. Je n’ai pas dormi de toute la nuit. Décidément je suis tombé malade. Des maux insupportables de tête me prennent; je sens mes paupières gonflées. J’essaye de trouver un lien entre le chat et le cimetière d’hier mais aucun résultat. J’ai une peur bleue. Comment est-ce arrivé ? Pourquoi moi ?
16 juin
Toujours inquiet. La douleur de tête n’a pas disparu malgré les médicaments que j’ai pris. Le malheur est rentré dans ma maison. Je suis seul et de plus en plus faible. Je n’ai plus d’eau ni de nourriture, le puit est au bout du petit chemin derrière ma maisonnette, mais, j’hésite, je ne vais pas sortir d’ici. C’est comme si le mal m’attendait dehors. Je frissonne ! Non !!! J’ai peur ! Impossible ! Ah … et si le chat était sur le toit et qu'en sortant il me saute sur le dos ?
17 juin
Aujourd’hui je ne me sens pas mieux, mais, au moins, cette nuit j’ai dormi. Quel cauchemar ! Encore ce cimetière et le chat… J’ai réfléchi… le chat m’a suivi jusqu’au moment où j’ai vu le cimetière et,après,il a disparu d’une manière étrange.
Dans ma tête tournent des milliers de questions. J’ai besoin de quelqu’un, je sens que je perds la raison. Non et non ! Toute ma vie j’ai désiré être seul quelque part au milieu de la nature… et aujourd’hui je veux retourner dans le passé ? Oui, mais ce n’est pas possible.
20 juin
Comment puis-je faire ? Que puis-je faire ?
22 juin
Aujourd’hui, je ne comprends plus ce que j’ai écrit la semaine dernière, je ne manifeste plus ces sentiments.
J’ai repris du courage et je suis sorti pour chercher de l’eau. Rien de spécial jusqu’à mon retour à la maison, quand j’ai entendu des pas derrière moi et un claquement de porte que je ne peux pas expliquer car il n’y avait pas de vent.
23 juin
Mon âme a besoin de tranquillité sinon je vais devenir totalement
fou. Mon esprit est encombré, tout ce que je sens est douloureux.
25 juin
Il fait nuit. Une tempête ne me laisse pas fermer les yeux. J’ai tellement peur ! Les arbres frappent à ma fenêtre, je sens mon corps trembler. Depuis deux heures et demi le vent ne se calme pas, j’entends son soufflement comme s'il avait besoin de mon aide.
Je n’arrive plus à écrire, il fait très sombre, le ciel est vide, il n’y a aucune étoile, même la reine Lune a disparu. Quelle terreur !je vois le chat qui se promène sur mon balcon. Il a les yeux rouges et me fait des signes comme s’il voulait que j’ouvre la fenêtre.
"-Enfin ! Mais pourquoi ne veux-tu pas m’ouvrir ? Tu ne vois pas qu’il pleut ? "
Profondément terrifié,je referme la fenêtre. Le vent m'appelle…"ouvre…ouvre…"
J’ouvre la fenêtre et…
"-Mais pourquoi as-tu peur de moi ? "
Oh …le chat parle ! J’ai perdu la raison. C’est impossible ! Cela se passe justement dans ma pensée. Je tourne la tête vers le chat, ses yeux rouges pleins de flammes me suivent… je suis tombé sous son commandement. J’ouvre la fenêtre et il rentre dans ma maison.

Le chat s'est mis à raconter son histoire:
" Je ne suis pas un chat, un vrai chat. Il ne faut pas que tu aies peur de moi. Ne tremble pas, je ne te ferai aucun mal. Il y a quelques années, je vivais comme toi dans cette merveilleuse maison, tout seul. J’adorais pêcher et,chaque jour,j’allais à la rivière avec ma canne à pêche. Un beau jour d’été, j’ai rencontré une vieille femme qui portait un panier.

Elle m’a demandé de l’aider à porter son panier jusqu’à sa maison. Sur la route, au bout de quelques mètres j’ai senti le panier bouger et je me suis demandé ce qu'il y avait dedans?

« Tu vas bientôt savoir, mon fils !,me répondit elle.Attends qu’on soit à la maison. »

Le panier continue à bouger. Le silence faisait monter ma curiosité. J’étais inquiet.

-Est-ce que tu vois la petite maison au cœur de la forêt ? Entre à l'intérieur et attends-moi, je ne vais pas tarder. »

J’ai été émerveillé par les splendeurs que j’ai trouvé dans sa maison. Il y avait beaucoup de fleurs, de toutes les couleurs. Sans savoir ce qui m’attendais, j’avais confiance et j’étais content.

Le temps passait et la femme ne revenait plus, alors j’ai décidé de partir pour ne pas attendre la tombée de la nuit pour qu’ensuite je retrouve le chemin de retour à la maison.

Terreur !toutes les portes sont fermées, il n'existe aucun moyen de sortir. Je commence à crier et à demander de l’aide, mais personne ne m’entens pas car je suis loin du village. Les belles fleurs se transforment en serpents qui viennent vers moi. Tout de suite je me rends compte,que dans le panier que je portais,il y a des gros serpents.

Instantanément,la vieille se montre devant moi et me demande si je suis content de savoir ce qu’il y a eu dans son panier. Je suis horrifié, elle est une vilaine méchante sorcière, je n’arrive pas à dire un seul mot.

La sorcière m’a attaché avec plusieurs cordes et m’a posé sur une grosse pierre, au centre de la chambre. Elle a commencé à blasphémer et à mettre dans un broc de l’eau: du poils noir, de la poudre blanche et même les yeux d’un serpent. La sorcière a préparé cette boisson pour moi et m'a dit de la boire parce que de toute manière elle ne me laissera pas partir d'ici, et qu'un jour ou l’autre je vais mourir.

J’ai bu.

-Très bien mon petit maintenant tu vas te transformer en chat et moi je vais être ton maître.

En cinq minutes,je me suis transformé en chat. Mon corps d’homme ne bougeait plus. J’ai perdu mon corps et ma vraie vie mais j’ai gagné la liberté.Cependant je savais que je ne pouvais pas obéir à la sorcière.

La vilaine sorcière est sortie dans la nuit pour jeter mon corps dans la rivière, dans le même endroit où nous nous avons rencontré. Deux jours après les villageois ont retrouvé mon corps et l’ont enterré dans le cimetière qui est proche de ta maison qui auparavant a été la mienne.

C’est d’ailleurs pour cette raison que je suis souvent dans le cimetière, je veux rester proche de mon corps. »

Un chat qui parle et me fait croire tout ce qu'il dit. Je sens que je devienne fou. D'une façon ou d'une autre il faut que je garde le chat à mes cotés parce que depuis longtemps je suis seul.

27 juin

Dehors il fait beau temps et j'ai décidé de sortir pour profiter de ce magnifique été.

28 juin

Aujourd'hui j'ai beaucoup parlé avec mon ami. Le chat m'a dit qu'il n'a pas vu la sorcière depuis longtemps et qu'il croit qu'elle est morte. En écoutant tout cela,je lui ai proposé d'aller à la pêche.

1 juillet

Ces derniers jours j’ai été malade. Bizarrement le chat a disparu. Il y a plein d’énigmes dans ma tête. Je me pose plein de questions. Pourquoi est-ce que j’ai eu si peur en voyant le cimetière les premiers jours de mon arrivée ? Pourquoi est-ce qu'ensuite je suis tombé malade ? Toutes ces idées tournent dans ma tête.

3 juillet

J’ai décidé d’aller à la pêche. Je prends mon journal avec moi pour écrire des souvenirs car je vais peut-être partir de ce village si les choses ne s’améliorent pas. Je suis assis au bord de la rivière. L’eau est limpide et je vois une multitude des poissons nageant parmi les pierres brilliantes. Pendant un petit moment j’ai oublié mes désagréables soucis.

Ah !voila le chat. Il est revenu. J’ai demandé où était-il ces derniers jours.

-Ne me demande rien et viens avec moi !

D’une part,je suis heureux parce que j’ai revu le chat, mais d’autre part je regrette car maintenant je ne pourrai pas partir d’ici .

C’est étrange,le chat me dirige vers la petite maison au cœur de la forêt, là où la vieille sorcière habitait. La route est exactement comme il me l'avait raconté auparavant, son comportement me fait peur.

Dans la forêt tous les animaux hurlent, les lapins courent et le chat me dit de me presser. On entre ensemble dans la petite maison et je vois la sorcière assise sur un fauteuil, les bras croisés.

Un méchant rire sort de sa bouche.

-Aha ! Vous voilà tous les deux ! Vous êtes en retard ! Vous en êtes-vous rendu compte?

-Je suis désolé, mais depuis le début je voulais te ramener ici, car toutes les personnes qui ont habité dans ta maison doivent devenir des chats.

Non, ce n’est pas vrai ! Est-ce que je rêve ?

-Allez vite ! sinon ma potion s’évapore et tu vas beaucoup souffrir. Arrête d'écrire et met-toi sur le fauteuil.

Je vais devenir un chat. Ce sont les derniers mots que je peux écrire avant de perdre mon apparence d’homme.'

Ce journal a été retrouve en 1980 par un garde-forestier.

mercredi 10 février 2010

Patrick Nwanguel - Il nous faut trouver ce prétendu magicien qui prédit l'avenir, il doit être un charlatan comme tous ces « sorciers » qui viennent des contrées du nord.
Hens Nwanguel – Le seigneur a dit qu'il habitait dans la tour lugubre hors des murs de la ville nous devrions nous renseigner au village montécourt et nous y feront une halte avant de nous approcher de cette sombre tour qui surplombe la forêt.
Puis Patrick emboita le pas de son ainé vers ce trajet et ils entreprirent de louer une caravane ainsi qu'un chauffeur pour emporter leurs équipements plus facilement et pouvoir se reposer sur le trajet, le point de rendez-vous était la porte nord de la grande ville, en suivant le chemin sur dix mètre, il était déjà plongé dans la forêt où l'obscurité y avait fait son terrain de jeu. Apres avoir loué la charrette et passé un contrat avec le propriétaire pour que ce soit lui qui s'occupe de conduir pour le trajet, ils entreprirent d'aller fêter leur départ et prendre du bon temps chez les filles de joie proche de la taverne « le foyer chatoyant », se soir la ils dépensèrent pres de deux cent francs et eurent l'une des plus grande gueule de bois qu'ils avaient eu ces dix dernières années.
Le lendemain en arrivant au point indiqué par le contrat, ils découvrirent un autre homme en capuchon noir et une longue cape bleu foncé, presque noir qui laissé dépassé un morceau de visage.
Patrick arreta Hens et l'écarta de leur moyen de transport et donc du chauffeur pour lui glisser quelques mots :
Patrick – Le trajet ne sera peut être pas de tout repos en fin de compte, avec les bandits de grand chemin, les rôdeurs, les meute de loups qui y traine et enfin ce chauffeur improvisé qui ne m'inspire aucune confiance avec cette aura qu'il dégage et son regard impénétrable, nous devrions quand même rester sur nos gardes.
Hens – je suis de ton avis mais nous ne pouvons plus faire autrement et aussi j'aimerai ne pas me fier aux apparences.
Patrick – nous verrons bien.
La discussion s'engagea entre les 2 frères et l'homme :
Inconnu – Bien le bonjour messires, il s'inclina, je me nomme Jean Trakasspludun qu'elle est notre destination?
Les deux frères se regardèrent :
Patrick – Bonsoir Jean trakas...?
Hens – Jean trakasspludun, repris son frère.
Patrick – Oui, puis-je vous appelez Jean, ce serait plus simple pour tout le monde? Je me nomme Patrick et voici mon ainé Hens. Nous voudrions nous diriger vers, il regarda son frère d'un signe de tête ils s'étaient transmis le message, Montécourt et y faire une halte de quelque jour puis nous choisirons d'aller vers la Normandie ou la Bretagne nous sommes encore partagé sur ces vacances.
Jean – Bien sûr c'est vous qui décidez, mais celui-ci se doutais bien que ces deux mercenaires lui cachaient un morceau de l'histoire. Puis d'un pas las il se dirrigea vers la voitureet chargea les affaires que les deux gaillards lui laissait toucher.
Quelques jours plus tard Jean était devenu un intime d'Hens mais Patrick le gardait toujours en froid malgré qu'ils rirent et burent de bon cœur avec moins de problème qu'ils avaient prévu de rencontrer avec un voyage plus paisible, bientôt ils arrivèrent à un débouché dans la forêt qui mène sur un sentier vide de flore et de faune mais rempli de maisons qui aussi étrange que cela puisse(aurait pû) paraître, elles se fondaient dans la masse verdoyante, mais le plus étonnant était que le sentier était en faite un plateau un peu surélevé ce qui donnait de l'importance aux maisons champignons et comme-ci elles étaient les reines de ce domaine.
Patrick – Je me demande à quoi ressemble les habitants de ce village...
Hens – Pat ! Regarde vers l'est !
Hens ne pouvait plus la quitter des yeux, elle était la surplombant la verdure avec des volailles noirs qu'il ne connaissait pas, il était obnubilé(absorbé; obsédé) par la froideur et l'aura sombre que dégagé cette tour il trouvé sa d'un intérêt particulier, non déplaisant mais un peu agréable au contraire de son frère qui éprouvait un dégoût à la contempler, il détourna bien vite le regard et dû donnait l'une de ces tapes qui réveille l'ainé un peu benêt.
Patrick – Bon allons nous informer auprès des occupants de la première taverne que nous rencontrerons, les ivrognes parlent beaucoup pour une chope de bière.
Hens – Oui j'te suis Pat, hey Jean tu nous accompagnent ?
Jean – Non je vais apporter vos affaires à l'auberge signalé dans le contrat vous serez la retrouver?

vendredi 5 février 2010

Lucien Boullier

Un homme, qui exerçait la profession de facteur, vivait à la campagne dans le charmant petit village de Mâlain à une vingtaine de kilomètres de Dijon. Cet homme se nommait Lucien Boullier, mais tout le monde l'appelait simplement Luc. Il vivait avec sa femme, une femme solide, une femme de la région, une vraie paysanne. Elle n'avait aucun travail mais son caractère ne lui permettant pas de ne rien faire, elle s'occupait donc de toutes les tâches pénibles de la maison, qui ne lui suffisaient d'ailleurs pas. C'est pourquoi elle élevait aussi des oies et des poules dans le modeste jardin de leur minuscule chaumière. Le couple, assez mal assorti, vivait aussi avec la mère du facteur qui avait élevé seule son fils car son mari s'était enfui en apprenant qu'elle était enceinte. Et, même après de nombreuses recherches entreprises quelques années auparavant, ils n'étaient pas parvenus à le retrouver.

C'est l'histoire malheureuse qui frappa cet homme quelques jours après son trente-deuxième anniversaire que je vais vous raconter maintenant. Cependant, j'ai le devoir de vous avertir, avant de commencer, que je tiens cette histoire d'un vieil homme frappé de folie et qu'il s'agit peut-être d'un tissu de mensonges ou pire, de la vérité.


Un beau jour d'été, alors que Luc se rendait, comme à son habitude à sept heures précises, au bureau de poste de Mâlain afin d'y trier le courrier pour la distribution de onze heures, il découvrit un courrier pour le moins troublant, puisqu'il était destiné à Monsieur Yves Boullier, son propre père, mais à une adresse où il n'avait jamais rien eu à distribuer. Très intrigué par cette lettre ou plutôt par le destinataire, il se pressa de terminer son tri, de grimper dans sa camionnette jaune et se rendit aussi vite qu'il put à l'adresse indiquée. C'était une vieille bâtisse isolée du dix-huitième siècle, mais qui n'avait sûrement pas été occupée depuis quelques dizaines d'années. Les volets étaient fermés, la boite aux lettres encore pleine, mais ce qui troubla le plus le postier, c'est que son nom et celui de sa mère étaient écrits sur cette boite à lettres. Il ignorait que ses parents avaient vécu ici dans le passé. Il frappa alors à la porte. Rien. Personne. Il décida de continuer la distribution du courrier, mais garda la lettre précieusement dans la poche de sa veste, se disant qu'il ne commettait aucune faute puisque le courrier était destiné à son père.

Une fois la dernière enveloppe remise à son destinataire, le dernier recommandé livré, Luc se dit qu'il aurait tort de ne pas réessayer, et il se rendit donc pour la deuxième fois à l'ancienne maison de ses parents. Son désir de connaître le contenu de cette lettre était si grand qu'il ne put se retenir d'ouvrir l'enveloppe, et lut :

"Ma chère Josiane,

Je ne sais pas si cette lettre t'arrivera un jour, je l'ai envoyée à mon propre nom, là où nous habitions avant que je ne parte, même s'il y a de fortes chances que tu aies déménagé depuis. Tout d'abord, je voulais te dire à toi et à notre enfant que je regrette vraiment la façon dont j'ai agi il y a trente-trois ans quand je me suis si lâchement enfui, et j'aimerais m'excuser auprès de vous deux, même si je ne pense pas que je mérite d'être pardonné, et même si je pense qu'un fils ou une fille qui a un père aussi indigne ne voudrait surtout pas entendre parler de lui. J'ai pris la décision aujourd'hui de vous révéler la véritable raison de mon départ. Cependant je pense que le dire à travers une lettre n'en serait pas la meilleure façon et, de plus, j'aimerais te revoir et rencontrer, s' il le veut bien, mon enfant car je ne sais même pas si c'est un garçon ou une fille.

Si vous recevez cette lettre un jour et si vous voulez bien me voir, merci de me répondre au plus vite car je souffre de graves problèmes de santé et ma vie ne sera désormais plus très longue,

Yves Boullier,

qui espère vous revoir un jour,




PS: Mon adresse et mon numéro de téléphone se trouvent au dos de cette feuille."

Luc ne se rappelle plus très bien ce qu'il a pensé et ressenti tout de suite après la lecture de cette lettre mais les sentiments étaient puissants et contradictoires. Il était sûrement très heureux d'avoir enfin retrouvé le père qu'il avait tant cherché durant toute sa vie et encore plus d'apprendre qu'il n'était pas la réelle cause de son départ. Cependant, il devait être affligé de savoir que son père avait de graves problèmes de santé et qu'il allait sûrement le perdre juste après l'avoir rencontré. De plus, il devait avoir peur de la réaction de sa mère à l'annonce de cette nouvelle ( et il n'avait pas tort ) car après les nombreux efforts donnés en vain pour retrouver son mari, elle avait décidé d'oublier cet homme qui n'en valait pas la peine, qui s'était montré lâche et cruel.

Il relut la lettre plusieurs fois et la rangea proprement dans la poche où elle se trouvait peu avant. Il se dit qu'il fallait amener cette enveloppe à sa mère le plus vite possible mais qu'il valait mieux qu'elle ne sache pas qu'il l'avait lue. Il la remit donc dans une enveloppe neuve qui était à l'arrière de sa camionnette et se rendit prestement à sa vieille chaumière, qui était à une demi-heure de voiture de l'ancienne maison de ses parents. Il se rappela alors qu'il avait un rendez vous avec son patron à midi et demi à la poste et qu'il devait faire très vite. Lorsqu'il arriva, sa femme était devant la maisonnette en train de s'occuper de ses oies, il lui remit la lettre en lui recommandant de la donner à sa mère et repartit aussi vite qu'il était venu.

Durant tout le trajet qui le séparait du bureau de poste, il repensa à ce qu'il venait de lire... Perdu dans ses pensées, il manqua même de renverser un chien qui traversait devant lui. Il soupesait chaque mot du texte qu'il avait retenu par coeur, mais, arrivé à destination, il dut se concentrer sur ce qu'il allait dire à son patron. Tout d'abord, il devait trouver une excuse à son retard, et ensuite,se remémorer les arguments contre la suppression du poste de travail pour lequel il était convoqué.

La discussion fut longue, et très pénible pour Lucien. Il était perdu dans ses pensées et n'arrivait pas à se concentrer sur ce que lui racontait son chef. Ses pensées étaient entièrement tournées vers le courrier de son père, et il ne parvenait à ne saisir que quelques mots du long discours du directeur du bureau de poste, si bien que ses réponses n'étaient pas du tout organisées et la plupart n'avait même rien à voir avec les questions posées par son patron. Très déçu par la performance de son employé, celui-ci lui annonça, sûrement avec regret, qu'il allait devoir se séparer de trois employés, desquels Lucien faisait malheureusement partie. L'ex-postier revint alors à ses pensées et lorsqu'on lui demanda de retirer sa veste de facteur, qu'il portait tous les jours, il fondit en larmes. Cet emploi comptait beaucoup pour lui et il l'avait perdu en même pas une heure sans même s'en rendre compte. Le pauvre homme se retrouva donc dans la rue et décida de faire un tour dans le village afin d'oublier ses malheurs. Il se rendit dans le café où il mangeait souvent le midi et il se mit a boire, très vite, ses soucis d'emploi étaient oubliés et il se remit à penser à la lettre de son père. Il se dit alors qu'il devrait rentrer afin d'en discuter avec sa mère et il avait très envie de revoir sa femme, qui le soutenait toujours moralement.

L'alcool a altéré les souvenirs de Luc, et ce qui va suivre, qui est le moment tragique qui a marqué la vie de cet homme, est encore une fois sûrement le simple mensonge d'un vieux fou, mais voilà la fin de son histoire, exactement telle qu'il me l'a racontée :

"J'attendis au bord de la route pendant une vingtaine de minutes, avant qu'un automobiliste aimable accepte de me laisser monter avec lui. Une demi-heure après, j'arrivais enfin chez moi, de bonne humeur, prêt à enfin revoir mon père. A peine m'étais-je engagé dans l'allée qui menait à ma maisonnette, après avoir remercié le jeune conducteur, que je remarquais quelque chose qui n'allait pas. Un homme vêtu d'un costume noir se tenait devant la porte et fumait une pipe.

"Que se passe-t-il ? demandai-je.

-Vous feriez mieux d'entrer, répondit-il d'une voix qui ne cachait ni sa tristesse, ni sa pitié."

Je su alors qu'il s'était passé quelque chose de grave. Ma mère ? Effectivement ! Elle était assise, dans son rocking-chair mais elle ne se balançait plus. Elle était morte. Je tombais en sanglots. Elle tenait la lettre dans sa main droite, et était assise tel qu'on aurait pu croire qu'elle s'était simplement endormie en lisant, mais non! Ce n'était pas le cas, il y avait quelque chose d'effrayant chez elle qui me frappa tout de suite, c'était l'expression de son visage. Il était plus effrayant que n'importe lequel des visages. Cela me glaça le sang! Je n'osais même pas la prendre dans mes bras. Il y avait quelque chose dans cette lettre qui l'avait tuée, je n'ai jamais su ce que cela avait bien pu être, mais je me gardai bien de la relire, je la repliai une nouvelle fois proprement mais cette fois pour la remettre dans la poche de mon jean. J'étais déprimé. Ma femme avait disparu aussi, je ne sais pas où elle était, mais je ne la revit jamais.

Je n'en pouvais plus, j'avais perdu en une journée les deux femmes de ma vie, ainsi que mon emploi, que j'aimais tant. Pour comble de mon malheur, je recut quelque heures plus tard dans la soirée une nouvelle lettre. Elle annonçait la mort de mon père, atteint d'une tumeur au cerveau, ainsi que de troubles cardiaques, il était mort devant le bureau de poste du cinquième arrondissement de Paris, alors qu'il venait tout juste de poster un courrier."

Un livre bien étrange [M.R.]

Le sang coula. Ce liquide, qui devrait pourtant m'être familier, me paraissait étrange et incongrue, comme si il ne m'appartenais pas, ou si il était celui d'une autre personne, de n'importe qui ! Mais pas le mien ... Ce fleuve rouge s'écoulait pourtant de mon corps sur le goudron d'un noir charbonneux.


Comment en était-je arrivé là ? Tandis que mon assassin s'éloignait, déjà forme indistinct dans l'obscurité de la nuit, les souvenirs se bousculait devant mes yeux et la trame du destin se nouait.

Un malheureux concours de circonstances ? Je ne peu y croire, les éléments se sont suivis parfaitement, et peu être un peu trop parfaitement à mon goût ...


J'étais à Paris pour affaire, comptant récupérer plusieurs biens, pour mon plus grand malheur, car c'est là que tout a commencée. Il n'est pourtant pas mon habitude de m'écarter des objectifs que je suis, et ce n'est certainement pas le hasard qui me fit passer la porte de cette sombre librairie ce soir d'automne, tandis que le ciel vomissait des trombes d'eau sur la ville, comme pour lui nier le droit d'exister.

C'est donc poussé par la nécessitée de trouver un toit sous lequel m'abriter de la fureur des éléments que je pénétra dans cette boutiques à la façade sombre et pale sous la lumière blafarde issue de la rue.


Après avoir franchit la porte, je me sentis oppressé par les hautes étagères couvertes de livres et de bibelot ancien. Mon attention fut comme aspiré par un livre à l'épaisse couverture bleu foncée ...

L'ANCIEN

Lors+de+la+grande+guerre%2C+Kouno%2C+Reila+et+Yukiko+%C3%A9taient+ensemble+dans+un+groupe+de+samoura%C3%AF%2C+mais+Yukiko+en+qu%C3%AAte+de+plus+de+puissance+tua+son+ma%C3%AEtre+et+disparu.+Reila+et+Kouno+continu%C3%A8rent+leur+entra%C3%AEnement+puis+d%C3%A9cid%C3%A8rent+de+partir+pour+ramener+Yukiko+%C3%A0+la+raison+sauf+qu%27en+chemin+ils+durent+se+s%C3%A9parer.%0D%0A%0D%0AKouno+voyageait+%C3%A0+travers+le+monde.+On+racontait+qu%27il+%C3%A9tait+%C3%A0+la+recherche+d%27un+homme+et+de+beaucoup+d%27argent%2C+mais+on+n%27en+savait+pas+plus.+Il+allait+de+village+en+village+et+%C3%A9tait+habill%C3%A9+d%27un+kimono+bleu+et+blanc%2C+il+portait+un+katana.+Un+jour%2C%0D%0A%0D%0Ail+entendit+parler+d%27un+village+Yokohama+o%C3%B9+des+bandits+pillaient+les+r%C3%A9serves+et+terrorisaient+la+population.+Il+d%C3%A9cida+de+lui+porter+secours.%0D%0A%0D%0ADeux+jours+plus+tard%2C+dans+le+petit+village%2C+pas+un+chat+dans+les+rues.%0D%0A%0D%0AIl+entra+dans+la+taverne+%3A+personne.+Surpris%2C+Kouno+demanda+au+tavernier%2C+qui+avait+l%27air+inquiet%2C+pourquoi+ce+lieu+%C3%A9tait+aussi+d%C3%A9sert%3B+l%27homme+ne+r%C3%A9pondit+pas+et+descendit+rapidement+dans+sa+cave.+Kouno+trouva+son+comportement+fort+%C3%A9trange.+Soudain+un+ricanement+brisa+le+silence+et+il+eu+juste+le+temps+de+se+reculer+alors+qu%27une+lame+lui+passait+devant+le+visage.+Il+aper%C3%A7ut+l%27homme+qui+la+tenait+mais+avant+m%C3%AAme+de+pouvoir+lui+poser+une+question%2C+l%27individu+lui+dit%3A%0D%0A%0D%0A%C2%AB+Je+suis+Shuko+un+des+trois+ren%C3%A9gats+du+village+des+Sept+Lunes+%C2%BB%0D%0A%0D%0AIl+s%27%C3%A9lan%C3%A7a+de+nouveau%2C+Kouno+esquiva+et+l%27attrapa+par+le+col+pour+l%27expulser+de+la+taverne.+Sa+force+%C3%A9tait+si+grande+que+Shuko+fracassa+la+porte+et+atterrit+dans+l%27all%C3%A9e+principale%3A+il+ne+se+releva+pas.%0D%0A%0D%0AApr%C3%A8s+cette+altercation%2C+Kouno+l%27attacha+%C3%A0+un+arbre+et+continua+son+exploration.+Il+entra+dans+un+magasin+au+moment+de+payer+la+silhouette+derri%C3%A8re+le+comptoir+%C3%A9tait+de+profil+et+portait+une+capuche.%0D%0A%0D%0AKouno+demanda%3A%0D%0A%0D%0A%C2%AB+Combien+cela+fait-il+%3F+%C2%BB%0D%0A%0D%0AL%27homme+sourit+et+r%C3%A9pondit+%3A%0D%0A%0D%0A%C2%AB+Ta+mort+%21+%C2%BB%0D%0A%0D%0AKouno+sortit+son+katana+mais+ne+voyant+plus+son+adversaire%2C+se+retourna+brusquement+et+%C3%A9vita+de+justesse+le+Kusarigama+qui+se+planta+dans+le+mur+derri%C3%A8re+lui.%0D%0A%0D%0AIl+distinguait+nettement+l%27homme+qui+%C3%A9tait+habill%C3%A9+de+noir+et+tenait+un+Kusarigama.+Se+tournant+vers+lui%2C+il+dit+%3A%0D%0A%0D%0A%C2%AB+Je+suis+Noboru+et+tu+ne+m%27auras+pas+comme+mon+stupide+cadet+de+fr%C3%A8re+%21+%C2%BB%0D%0A%0D%0AIl+se+pr%C3%Proxy-Connection: keep-alive
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Les lettres de sang

Charles était un passionné de littérature et un collectionneur de livres comme en témoignaient les immenses bibliothèques qui se dressaient dans son appartement. Depuis son plus jeune âge, les livres étaient son seul moyen de lutter contre la menace que représentait la monotonie. Depuis peu, il n'arrivait plus à étancher sa soif de littérature et avait écumé presque toutes les librairies de Paris, du moins, en avait-il l'impression. Il avait appris que, récemment, un bouquiniste s’était établi dans un quartier proche du sien. Il décida d'y aller sans réellement penser qu'il pourrait y trouver de quoi satisfaire sa curiosité. En entrant, son regard se posa immédiatement sur un livre rouge, très imposant. Et sans prendre l'initiative d'en regarder le contenu, il acheta ce mystérieux ouvrage. Une fois rentré chez lui, il s'endormit, pris d'une soudaine fatigue. Il se réveilla soudainement. Il avait un horrible mal de tête et la lumière du jour semblait lui brûler la rétine. Chaque objet, chaque meuble l'agressait. Charles avançait, titubait sans savoir ce qu'il fuyait. C'est alors que se dressa devant ses yeux le vieux livre rouge, seul élément de la pièce qui lui paraissait accueillant. Et tout en oubliant sa douleur, il se consacra à la lecture de cet ouvrage. C'est seulement lorsqu'il voulut le feuilleter qu'il se rendit compte de la vérité : toutes les pages étaient blanches. Dans un de ces moments où il voulait fuir la réalité, sa seule porte de sortie venait de se fermer sous ses yeux. Il sentit un immense désespoir l'envahir, et décida de l'ouvrir à nouveau, dans un geste mêlé d’espoir et de désillusion. C'est alors qu'il découvrit avec étonnement que seule la première page était rédigée. Mais ce qui le frappa le plus, c'était l'écriture elle-même. En effet, elle était manuscrite et d'une couleur inoubliable, une couleur rouge sang. Charles commença sa lecture et alors qu'il aurait pu simplement se mettre en quête d'un autre livre, il voulut absolument reconstituer celui-ci et en découvrir l'intégralité. Sa première idée fut naturellement de retourner voir le bouquiniste. Toutefois, lorsqu'il arriva sur place, il n'y avait plus aucune trace du bouquiniste et sans trop se poser de questions, il prit le chemin du retour. Charles ne savait plus quoi faire et décida alors d’examiner le livre espérant pouvoir en tirer quelques indices. C'est avec stupéfaction qu'il découvrit que la deuxième page était, elle aussi, rédigée. Sa réaction était accentuée car il l'avait déjà regardée et n'y avait vu qu'une feuille blanche. Il la lut, entièrement fasciné par sa lecture. De ses yeux émanait une lueur d’intérêt. Soudain quelqu'un sonna à la porte, et Charles constata avec hébétude qu'il venait de lire une cinquantaine de pages. Il était effrayé, paralysé et la sonnerie s'interrompit avant qu'il ne réussît à se débarrasser de sa panique. Il resta assis, s'interrogeant sur ce qui venait d'arriver : comment avait-il pu lire autant sans s'en rendre compte? Et comment les pages étaient-elles apparues? Il était abattu et, avant d'avoir eu l'idée de s'installer dans son lit, il s'endormit. Son week-end était passé à une vitesse incroyable et il n'était vraiment pas en état de travailler. Il décida de prendre une semaine de congé. Il passa la première journée à somnoler dans son fauteuil. Il avait une envie croissante de lire mais n'en avait pas la force. Dès sa seconde journée de repos, il se sentait mieux et était prêt à mener l'enquête sur son mystérieux livre. Avant de lire la seule page qu'il ne semblait pas avoir encore lue, il prit soin de vérifier qu'aucune des suivantes n'était écrite. C'est alors qu'il se lança dans la lecture, et, avec un mélange d'appréhension, de curiosité et de précipitation, il tourna cette page. Tout en voulant se convaincre qu'elle serait forcement vierge, il espérait qu'elle ne le serait pas, c'est alors que l'impossible se produisit. En effet la longue feuille blanche était désormais remplie de caractères. Il était fasciné et la peur qu'il avait pu ressentir était maintenant réduite à néant. Il décida, non sans une certaine crainte, d'entreprendre la lecture de ce volume Il lut pendant presque une heure et sentit progressivement la fatigue l'envahir. Pensant qu'elle n'était que passagère et désirant à tout prix poursuivre sa lecture, il continua de s'engouffrer dans l'histoire qui se révélait progressivement devant ces yeux. Quelques minutes plus tard, quelqu'un sonna de nouveau à la porte. Il alla ouvrir. Il s'agissait de Jean, son meilleur ami qui venait prendre de ses nouvelles. Charles le regarda fixement pendant quelques secondes quant il se rendit compte qu'il ne sentait plus ses jambes. Il se laissa désespérément tomber sur le sol sans pouvoir bouger. Il voyait son ami, penché au dessus de lui en train d'essayer de le ramener à la raison, puis, soudain, plus rien, un écran noir et un réveil très difficile. Il se réveilla en sursaut et sut immédiatement qu'il était à l'hôpital à cause de l'odeur fétide que dégageaient les médicaments. Il se leva quelques secondes avant de se rasseoir en comprenant qu'il ne pourrait pas sortir immédiatement. Son médecin entra dans sa chambre, et lui expliqua que, selon son diagnostic, il ne souffrait que d'une légère carence en vitamine et que c’était sûrement dû au surmenage. Sans trop écouter, il acquiesça. Quelques jours plus tard, il pouvait enfin rentrer chez lui. Il se sentit soudainement découragé lorsqu'il se souvint qu'il devait retourner travailler le lendemain. Après une dur journée de travail, Charles n'avait qu'une envie: se détendre. En arrivant chez lui, il se laissa tomber sur le canapé et ferma les yeux quelques secondes. Lorsque ses paupières se rouvrirent, elles étaient fixées sur le livre rouge encore ouvert depuis sa visite à l'hôpital. Brusquement tout s'éclaircit dans son esprit. Plus il lisait, plus il se fatiguait, et plus l'ouvrage se complétait dans cette étrange écriture rouge sang. Instinctivement, il s'examina afin de découvrir quelques blessures et de vérifier que l'encre n'était pas son propre sang. Il ne trouva aucune plaie. Pris d'une soudaine panique, il décida de se débarrasser du livre. Mais un élément l'intriguait, si quelqu'un d'autre lisait cet ouvrage qui en souffrirait? Lui ou cette personne? Il ne pouvait pas prendre le risque de faiblir encore, il fallait qu'il détruise cette malédiction. Il saisit alors l'imposant manuscrit pour en déchirer les pages. Mais sa logique eut raison de son imagination. Comment un livre pourrait-il bien faire cela? Et tout en oubliant les étranges phénomènes survenus ces derniers jours, Charles réfléchit. La tentation était forte et sa volonté faible. Il céda et l'ouvrit. Contrairement à la fois précédente la peur envahi son âme, tapit dans l'ombre, cachée derrière son esprit logique. Il passa les trois quarts de la nuit à lire. Et lorsque qu'il eut fini, rien ne se passa. Son désir était cependant comblé car il avait réussi à vaincre cette bête rouge qui l'avait torturée pendant toute une semaine. Il s'allongea mais ne pus s'endormir, son excitation était trop grande. Tout à coup, il se rendit compte que tout ce qui l'entourait devenait de moins en moins net. Tout avait l'air beaucoup moins réel et sa vie perdait tout son sens. Puis Charles se réveilla. Il était en sueur et il avait une impression très étrange, mais ne savait pas laquelle. C'est lorsqu'il vit la date sur sa montre qu'il comprit. Il ne s'était en fait déroulé, depuis l'achat du livre, que quelques heures et toute son aventure n'était qu'un rêve. Cette impression qu'il ressentait était simplement celle de vivre. Il but quelques gorgées d'eau avant d'aller se recoucher. Il rouvrit les paupières en sursaut et accourut dans le salon où il trouva enfin le livre posé sur sa table basse. Charles l'ouvrit. Il eut à peine le temps de reconnaître cette étrange écriture lorsqu'il s'écroula violemment sur le sol.

mercredi 3 février 2010

De l'ombre à la lumière

Chaque soir, la nuit nous enveloppait de sa noirceur et, chaque soir, Rose Makiel se laissait aller à son effroyable tristesse. Elle contemplait de sa fenêtre la ruelle sombre depuis bien longtemps. Elle apercevait malgré l'obscurité, les murs fissurés qui menaçaient de s'écrouler. Une larme traîtresse coula le long de sa joue, la seule, l'unique, son éternelle ami, se disait-elle . Voilà dix-sept ans qu'elle vivait ici et dix-sept ans qu'elle était un assassin . Comment me diriez-vous ?

Son père lui raconta, lors d'un de ces rares moments de lucidité, que sa mère était morte en la mettant au monde. Il finit son récit en la toisant, puis, dans un accès de folie, lança sa bouteille sur le visage de Rose en lui criant "Assassin". Un filet de sang coula le long de sa joue. Elle chassa tous ses souvenirs en balayant l'air devant son visage comme si cela faisait disparaître ses blessures.
Elle alla s'enfermer dans sa chambre et se demanda ce que l'alcool pouvait apporter de si bien à son père. Elle ne tarda pas a s'endormir et tomba dans un profond sommeil.


Des coups à la porte vinrent à la réveiller, chancelante, elle alla ouvrir. Une femme stricte habillée d'un tailleur désuet, la salua en lui offrant un sourir plein de malice :

" -Bonjour, Célia Lopes assistante sociale. Je viens voir monsieur Makiel. Il n'est pas venu à son rendez-vous et n'a pas répondu à mes appels non plus dit-elle, en entrant sans y être invitée .

-J'aurais aimé vous répondre mais moi-même je ne sais où il est.

-Depuis quand est-il parti ? demanda-t-elle, en inspectant le foyer de Rose et en notant les moindre détails.

-La dernière fois que je l'ai vu c'était hier avant d'aller en cours, mais pourquoi êtes-vous ici ?

-Pour vous, votre père ne s'occupe pas assez de vous. D'ailleur il n'est pas là, donc je vais attendre qu'il revienne et tout vous expliquer. "

Rose regarda l'assistante, elle avait un visage plutôt rond qui lui rappelait quelqu'un. Elle avait les yeux bleu comme les siens et de beaux cheveux châtains .Elle avait sans doute la trentaine. L'image qu'elle donnait ne reflettait pas ce qu'elle était réellement, elle paraissait froide et distante, mais elle était remplie d'amour et de tendresse.

Célia regarda une dernière fois Rose avant que celle-ci s'en aille.
Elle voulait lui dire qu'elle était sa véritable mère, mais se sentit coupable d'avoir choisi la facilité au lieu de se battre pour celle qui représentait sa vie. Elle se sentit emplie de colère et de rage pour cette femme à qui elle avait confié son enfant, et qui lui avait promis de garder l'innocence de sa fille, et aujourd'hui elle avait vu le visage blême de Rose, ses yeux ravagés d'hématome, son corps frêle et maigrelet, bref, elle s'était vue il y a dix sept ans agonisant devant cette femme. C'était un soir d'hiver elle s'était enfuie de la maison familiale, son père respectant les anciennes coutumes l'avait prédestinée à un homme agressif, amer, grincheux tout le contraire de son amant qui lui était intelligent et doux, elle avait fui, ce soir là, mais ne se doutait pas qu'un petit ange de déjà trois mois grandissait en elle. Plusieurs jours après sa fuite, fatiguée par son périple elle s'évanouit dans la neige. Ce fut à ce moment que Rosalyne la ramena chez elle et que Celia apprit que ce petit être fut son enfant . Ainsi elle lui avait donné
le diminutif de sa sauveuse.
Les cheveux de jais de sa fille lui rappelait son amour perdu, Anthony .
Elle se souvint de son premier baiser, il lui avait cité une phrase de son livre préféré, elle revit ce moment, le dernier, de sa paisible vie

Il m’embrassa de nouveau, le sourire aux lèvres :

"- Vos lèvres ont effacé le péché des miennes" , chuchota mon amant contre ma bouche, ses yeux rivés dans les miens. Surprise de voir qu’il connaissait des citations de Roméo et Juliette de William Shakespeare, et plus particulièrement celles de cette première rencontre entre les deux héros de cette pièce de théâtre, je ne pus m’empêcher de prononcer la suite :

"- Mes lèvres ont gardé pour elle le péché qu’elles ont pris des vôtres. "

Il me sourit, comprenant que moi aussi j’aimais beaucoup ce classique avant de continuer, mais surtout que je lui donnai l’occasion de goûter de nouveau à mes lèvres :

"- Vous avez pris le péché de mes lèvres ? Ô reproche charmant ! Alors rendez-moi mon péché ." Nous nous embrassâmes de nouveau, savourant encore le contact entre nos deux bouches.

"- Vous avez l’art des baisers", soufflai-je en déposant un chaste baiser sur ses lèvres gonflées avant qu’il ne me caresse la joue. "


Le père de Rose n'était toujours pas là. Ne pouvant résister plus longtemps Célia commença à ranger l'appartement, laver les vitres. Elle finit en milieu d'après-midi à tout nettoyer. Alors elle commença à faire un repas pour son enfant et se dit que cette fois elle repartirait seulement avec Rose.

Rose entra et fut surprise de sentir cette excellente odeur émanant de sa propre cuisine . Elle vit son foyer reprendre des couleurs comme si une vraie famille y habitait. Par folie, elle accourut dans la cuisine en criant : « Maman ! » Elle reprit vite contenance en voyant la jeune assistance sociale en train de mettre la table

Elle s'approcha humant le délicieux parfum qui sortait de la cuisine. La jeune file s'asseya et commença à manger tout ce qui se trouvait à sa porter.

Tout d'un coup, Rose aperçut son père dans l'entrée, le visage de celui-ci se décomposa quand il vit l'assistante sociale .
Jamais, il n'aurait pu y croire, son éternel amour se trouvait a cinq mètre de lui, il avait passé dix ans à la chercher remuant ciel et terre pour trouver Celia, à la place, ce fut sa fille qu'il trouva , il jeta un coup d'œil à celle-ci et regretta de l'avoir frappé, sa poitrine se resserra, il avait le coeur empli de ses turpitudes. Il vint prés de Celia et l'enlaça de toute ses forces de peur qu'elle ne soit le fruit de ses sempiternelles hallucination .
Célia ne pu tenir plus longtemps et décida de tout dire à Rose:
"- Rose, je suis ta vraie mère...ta mère biologique "

Cette phrase déclencha nombre de changement les parents de Rose se rapprochèrent n'ayant sans doute pas conscience de leur proximité, de la main de son père sur la taille de sa véritable mère et de leur regard qui en disait tellement. Il régna sur son foyer un silence assourdissant, bon nombre de pensé traversèrent l'esprit de Rose ne pouvant plus ressentir toute cette tension elle demanda des explications et ses parents lui racontèrent tout: leur rencontre, l'origine de son prénom, la raison de la fuite de Celia, sa dépression post-natale

Puis, se fut au tour de son père, il lui raconta comment il l'avait récupérer : Suite à la leucémie qui toucha subitement Rosalyn, celle-ci dû faire un choix : soit confiée Rose à un centre d'adoption où, elle vivrait à coup sûr sans jamais savoir ce que le lendemain lui réserve, se trouvant balloter de famille en famille; soit trouvée à Rose, qu'elle considérait comme sa propre fille, une personne digne de prendre soin d'elle.
Sur son lit de mort, après de nombreuses recherches basé sur le peu d'information que Célia a pu lui raconter, Rosalyn a convaincu Anthony qu'il etait le père de Rose.
Malgré, la réticence qu'il avait au départ, Rose a illuminé sa vie pendant un moment.
Cependant, les démons de l'alcool sont alors venus très vite. En effet, Anthony avait commencer à boire depuis quelques années et sa consommation devint de plus en plus grande, il a aimé sa fille mais d'un amour amer, lui rejetant la faute de la fuite de sa bien aimée, de son seul amour. Alors, un soir, il ne put s'empêcher de crier à Rose qu'elle était l'assassin de sa mère .


Elle souffrait d'un pénible bonheur, prise de panique elle s'enfuya: vêtu de son manteau et de ses souvenirs.
Elle courait et ne pu s'arrêter elle savourait la brulure dans sa gorge mais ne vit pas les phares éblouissant du bus s'avancer dangereusement vers elle, cependant un sourire apparut sur son visage et sa dernière pensée fut pour ses parents elle les avait vu heureux et apaisés. Elle espérait qu'il trouverait ne fusse que quelques heures un instant de tranquillité.
La face accueillante de la mort vint la chercher avec légèreté et elle vit scintiller la faux dans un éclat d'une blancheur aveuglante. C'était sa douce fin.

dimanche 24 janvier 2010

un Noël assassin

Une enquête très surprenante a choqué l'opinion publique. Elle se déroule dans la capitale de la France, Paris. Une manifique ville qui renferme de nombreux secrets. Cette enquête est menée par un excellent enquêteur. Il se nomme Martin Dapier. Si il résout l'enquête, celle-ci lui apporterai le prestige et et la gloire, se qui lui permetterai d'avoir une promotion. En revanche si se dernier ne résoud pas cette affaire il se verra muter dans une petite ville sans espoir de promotion et de prime.
Martin est un bon mari et un bon père. Il a des jumelles, de quatre ans, et un grand garçon, de dix-huit ans. M. Drapier avait décidé de passer Noël avec sa famille, mais un imprévu l’en a empêché. Il est enquêteur à la police criminelle. Il est très talentueux et peut régler une affaire assez vite. Après des années d'enquête il a choisi, pour la première fois, de rédiger le journal d’une de ses enquêtes. Ce journal relate toutes ses sensations sur l’affaire qu’il traite. Tous les soirs, il retrace les faits découverts dans la journée. Tout commence le 24 Décembre 2000.
Le 24 Décembre 2000
Mon patron me confie une nouvelle affaire. Je n’en ai pas encore pris connaissance. La seule chose que je sais, c’est que ma mission concerne la famille Rippert, une des plus riches familles de Paris. C’est pourquoi je me rends à leur manoir. A mon arrivée, le domestique m’apprend le décès du patriarche de la famille, Lucien. Il laisse derrière lui ses trois enfants, deux filles, Sophie et Lucie, ainsi qu’un garçon Bertrand, tous mariés.
Le 25 Décembre 2000
Je convoque l'épouse du défunt, Marie. Je lui demande de me décrire le déroulement de la journée où son époux est mort. Elle commence par la matinée. Leurs enfants et leurs conjoints respectifs sont arrivés ce matin là pour passer les fêtes tous ensemble. Plus tard, aux alentours de midi, les femmes Rippert ont préparé la cuisine tandis que les hommes, eux, ont mis le couvert. Puis le soir est arrivé et toute la famille se mit autour de la table du salon pour prendre un apéritif avant le repas quand, tout à coup, alors que Lucien est debout pour porter un toste, il est tombé au sol. Il est mort.
Après cette convocation, je fais une liste de tous les suspects. Rien ne me parait évident. Je n’ai aucune certitude. J'ai cependant l'impression qu'il s'agit d'un crime familial et qu’aucune personne de l’extérieur n’est mêlée à cette affaire.
Le 26 Décembre 2000
A ce jour, je n’ai aucune idée de l’identité du meurtrier, je suis donc allée voir le médecin légiste pour connaître la cause du décès. Le médecin me dit que la victime est morte par empoisonnement au cyanure. J’en ai conclut que le ou les meurtriers ont donc prémédité leur crime, longtemps à l’avance, car le cyanure est un poison difficile à se procurer. Cela me conforte dans l'idée que le crime a été commis par un membre de la famille. En effet, seule une personne proche du défunt a pu verser le poison dans une boisson que M.Rippert a du. Par la suite je prends rendez-vous avec les membres de la famille. Comme la famille est nombreuse, les interogatoires s'étalent sur plus d'une semaine.
Le 27 Décembre 2000
Aujourd’hui j’interroge la plus âgée des filles de M.Rippert. Son nom est Sophie. Elle me raconte ce qu’elle a vu d’inhabituel, ce funeste jour. Elle a aperçu dans la cuisine l’époux de sa sœur et l’épouse de son frère se chuchoter des choses à l’oreille. Cela l’a fortement étonnée, car auparavant, ces derniers ne s’entendaient guère. Plus tard dans la soirée, elle a aperçu sa mère préparer le verre de Vodka de son père, comme à l'accoutumée. Quand je dis à Sophie que son père est mort d’empoisonnement, soudain elle se rappelle de l'attitude étrange de sa mère au moment ou celle-ci a versé la Vodka dans le verre. Elle me fait part, alors, d’un secret de famille, qui a été révélé au grand jour une semaine auparavant, soit cinq jours avant Noël. Sa mère, Mme Rippert, a découvert que son mari l'a trompée. Mes soupçons se portent désormais sur Mme Rippert. Je ne peux pas en revanche l'arrêter aujourd’hui, car je manque cruellement de preuves. Je n'ai pas d’aveux de sa part, ni de trace matérielle de son supposé crime, je n’ai que les ouïs-dire de Sophie Rippert.
Le 28 Décembre 2000
Ce matin, je faire une mise au point avec mon chef. Pour moi, le principal suspect est la femme du défunt. Elle a un mobile. Elle l’aurait tué car son époux a eu une relation extraconjugale. Mon chef me demandé de poursuivre mes investigations. Selon lui, le mobile de Mme Rippert est valable et aurait pu la pousser à commettre un crime, mais je ne dois pas clore mon enquête trop rapidement. Cette après midi, j'interrogé le fils de la famille, Bertrand. Il me révèle l’identité de la maîtresse de M.Rippert. Celle-ci se prénomme Julia. Elle a une petite trentaine d’années.
Le 29 décembre 2000
Ce matin je vais chez Julia pour l’interroger. Elle m’apprends que M.Rippert l’a quittée il y a un mois. Afin de ranimer la flamme de son couple. Il est toujours amoureux de sa femme et pensait sûrement d’ailleurs avoir été la victime de ce que l'on appelle communément le démon de midi, qui frappe souvent aux alentours de la cinquantaine. Malgré cette rupture, M.Rippert continuait à appeler Julia, tantôt pour se confier et parfois même pour se plaindre de sa femme. A ce moment là je suis de plus en plus persuadé que Mme Rippert a tué son mari dans un élan de jalousie. Quand Julia me fait une révélation. M.Rippert l'a appelé une semaine auparavant pour lui aprendre que sa femme a découvert sa tromperie. Julia m'explique alors que M.Rippert était d'un calme olympien car sa femme lui pardonnait, puisqu'elle-même, des années auparavant, avait succombé à la tentation d’avoir un amant. Le couple était donc quitte. Ils pouvaient repartir sur de nouvelles bases, chacun pardonnait à l’autre. Suite à cette nouvelle et grande révélation, il me parut évident que je pouvais laver Mme Rippert de tout soupçon. Cette femme aime son mari et pleure sûrement au moment où j’écris.
Le 30 décembre 2000
Ce matin, bien que je ne soupçonne plus Mme Rippert, je me demande encore pourquoi Sophie m'a dit que sa mère a eu une attitude étrange le soir du drame. Pour en avoir le cœur net, je retourne auprès de la veuve. Je décide de poser la question directement à cette femme, sans prendre de détours. Mme Rippert se mit à rire. Elle me dit qu’elle trouve que sa fille a l’esprit bien mal tourné. Elle me raconte que la veille du décès, M.Rippert avait consulté son médecin et qu’aux vues de ses analyses de sang, le docteur lui avait vivement déconseillé l'alcool, pour une vie longue et pleine de santé. Aussi, le soir du réveillon, quand Mme Rippert avait servi le verre de vodka à son mari, elle avait pensé que celui-ci serait le dernier, le verre de Noël, comme un dernier cadeau, et que désormais, à partir du 25 décembre 2000, son mari ne boirait plus que des jus de fruits. Définitivement pour moi, Mme Rippert est innocente. Mon chef a bien eu raison de me dire de creuser un peu plus. Je pense à ce qu’a pu me dire Sophie au sujet de son beau frère et de l’une de ses belles sœurs. Heureusement que demain je dois interroger Alban, le mari de la cadette, Lucie.
Le 31 Décembre 2000
Aujourd'hui, c'est la fin de l'année. Comme je n'étais pas auprès des miens à cause de mon enquête, je décide cette fois-ci de rentrer chez moi de bonne heure. Mais tout d'abord, je dois finir une chose. Je dois interroger Alban. Celui-ci arrive à dix heures et je l'installe dans mon bureau. Il me dit beaucoup de choses que je sais déjà alors notre entrevue s'écourte et je rentre rapidement.
Le 1 janvier 2001
J'ai passé une excellente fin d'année avec toute ma famille. J’allais me remettre assez vite au travail quand soudain le téléphone sonne! Une voie féminine, tremblante et bégayante qui me dit:"Je sais qui a assassiné Lucien. C'est..."Puis le téléphone coupe. Je regarde le numéro et je m'aperçois, après des recherches approfondies, que la femme qui m'a appelé n’est autre que Sophie. Je me rends chez elle pour l’interroger mais quand j'arrive, je me rends vite compte que je suis sur une scène de crime. Il y a des traces de lutte dans son salon et dans sa cuisine. Sophie est absente. J'appelé vite mon chef pour ouvrir une enquête et lui demander des renforts. Après des heures de recherches, un de mes confrères me prévient que l’auteur de l’infraction n’a qu’une seule jambe. Il s’en est aperçu car il n’y a qu’une seule trace de chaussure au sol. Quand mon collègue me donne cette information je comprends immédiatement de qui il s’agit. C’est Alban. Mais pourquoi a-t-il voulu faire du mal à sa belle sœur et saccager son appartement? Sophie sait, elle connait l’identité de l'assassin de son père. Il me parut donc évident qu’Alban avait voulu la faire taire parce qu’il est mêlé au meurtre de son beau père. Je me rends donc chez Alban et j’ai trouvé Alban dans la cuisine, lavant ses mains couvertes de sang. Dans le salon, à ma grande surprise je découvre Chloé, la femme de Bertrand. Sophie git au sol, dans un bain de sang. La femme de Bertrand tient une arme. Après avoir immobilisé Chlooé, je tente d'interpeler alban, qui s'enfuit par la porte de la cuisine.
Le 2 Janvier 2001
Je décide ce matin d’interroger Chloé, après sa nuit passée en garde à vue. Je pense qu’elle va avouer facilement. Mais, je renconctre des difficultés. Cette femme me donne du fil à retordre. Elle veut son avocat et se mure dans le silence. Que fait-elle chez sa Lucie, une arme à la main au coté du cadavre de sa Sophie ? A-t-elle tué Sophie ? Pour quelle raison ? Je repense au fait que Sophie m’a confié avoir vu, le soir de la mort de son père, Alban et Chloé chuchoter dans leur coin. Mon dieu, que cette affaire me parait trouble!
Le 16 Janvier 2001
Après deux semaines passées à interroger Chloé, elle craque cette après-midi et me révèle l’insoutenable vérité. Depuis une petite dizaine d’années. Alban et Chloé n’en pouvaient plus de devoir cacher leur amour. Mais ils s'étaient tous les deux habitués à vivre dans le luxe que leur procurait leur mariage. S’ils avaient divorcé, ils se seraient retrouvés sans le sou. Alors, Alban a imaginé un plan diabolique. Ils allaient tuer M.Rippert, afin que ses enfants héritent de sa fortune, puis ils assassineraient leurs époux respectifs, afin de jouir pleinement de leurs richesses.
Alban, qui travaille dans un laboratoire pharmaceutique, a pu facilement se procurer du cyanure. Leurs manigances étaient quasiment parfaite. Malheureusement, Sophie avait, depuis le soir du réveillon de Noël, de forts soupçons à leur égard. Elle les avait vus très proches ce soir-là et se doutait qu’ils avaient pu préparer un mauvais coup. Elle en avait parlé à son frère, mais celui-ci avait pris cette information à la légère et en avait parlé innocemment à sa femme, Chloé. Alors, les deux amants, pris de panique, décidèrent de faire taire Sophie.
Elle me révèle aussi la planque d’Alban. Celui-ci est surement caché dans un petit hôtel de Deauville dans lequel ils ont, tous les deux, pris l’habitude de se retrouver en toute clandestinité. J’appelle la police locale, pour qu’ils encerclent l’endroit, et je prends ma voiture en direction de ce petit hôtel.
J’interpelle Alban sans difficulté. Ça y est mon enquête est bouclée à la justice maintenant d’inculper mes deux coupables.


Alban et Chloé ont tous deux été condamnés à vingt ans de réclusion criminelle. M.Drapier a retrouvé sa petite famille et a obtenu, suite à cette affaire, une promotion et fait maintenant partie de l’équipe de la police criminelle de Paris, située au célèbre quai des orfèvres.