Vous connaissez sûrement la capitale de la France, Paris, une des plus belles villes du monde avec son magnifique fleuve du nom de la Seine. Sur ses rives, on peut voir des amoureux, des familles, des commerces, mais aussi des peintres cherchant l'inspiration ou peignant des couples de bourgeois qui essayent de montrer leurs supériorités sociales. Prenons ce peintre par exemple, Claude Ollivier, peau pale, quelques cheveux noirs sur la tête, regard inexpressif, vêtu d'habits rapiécés et maigre comme un clou. Il vit dans un appartement au centre de Paris, un habitat assez vétuste et défraichi mais sa demeure lui convient. Claude n'a que trente-cinq ans mais paraît dix ans de plus. Sa vieillesse prématurée est due à l'alcool, à sa pauvreté et à ses maladies à répétition causées par son environnement plutôt malsain. Il n'attend qu'une chose depuis toujours, la reconnaissance qu'il n'a pas encore obtenue malgré toutes ses années à tenter de se faire un nom dans le métier notamment en peignant des paysages mais aussi des couples embourgeoisés marchant au bord de la Seine. Il a toujours vécu seul ce qui peut s'expliquer par sa timidité, son manque de stabilité et sa personnalité effacée _ sans doute trop d'ailleurs. Il est issu d'une famille modeste. Son père a été instituteur et sa mère s'est occupée de lui et de ses six frères. Il n'a plus de nouvelles de sa famille qui est restée dans un petit village de Bretagne, du nom de Pleurtuit et où il a passé son enfance entourée de sa famille et de ses quelques amis de l'époque. Mais la rupture s’est produite quand il a décidé de tenter sa chance à Paris, la célèbre ville des artistes. Il pensait rencontrer le succès dès son arrivée mais celui-ci ne vint pas. Claude souffre beaucoup du fait d’être seul et de ne pas être accepté en tant qu’artiste peintre.
Tous les jours, il part de chez lui à neuf heures vingt-cinq, vagabonde dans les rues en regardant les gens se presser pour ne pas être en retard au travail. Il flâne dans la capitale en admirant les vitrines des boutiques et quelque fois entre dans un magasin pour voir les articles même s'il sait qu’il n’a pas les moyens d’acheter de tels objets. C’est le rare plaisir qu’il s’offre, cette activité lui fait grand bien. Ensuite vers dix heures dix, il prend un café au bar en face de chez lui où il retrouve les habitués qui eux sont déjà au rouge et Claude ne tarde jamais à les rejoindre. Puis vers onze heures, il retourne chez lui pour prendre son chevalet, ses toiles, ses pinceaux et sa peinture pour aller s’installer sur les bords de la Seine. Et, il passe sa journée à peindre ou à se balader dans les ruelles de Paris. Le soir, vers dix-huit heures trente, il retourne au bar pour voir ses amis et partager des verres avec eux et vers vingt heures, il rentre dans son appartement. C’est un deux pièces avec vue sur la Seine qui se situe au cinquième étage d’un immeuble vétuste, sombre et insalubre. Son matelas est dans le salon avec comme seul meuble une table de chevet avec une lampe sur le dessus. La deuxième pièce qui est à l’origine une cuisine assez grande sert d’atelier à Claude. Il essaie de passer le moins de temps possible dans cet habitat sinistre car cette ambiance le déprime encore plus.
Claude ne change pas ses habitudes mais en ce jour du 18 juillet 1877, toute sa vie va être bouleversée par une fameuse rencontre. Cet après-midi-là, il est comme chaque journée au bord de la Seine à tenter de trouver l’inspiration quand il voit cette magnifique et fabuleuse créature qui n’est d’autre qu’une demoiselle d’une beauté exceptionnelle avec la grâce d’un cygne mélangée à la pureté d’un chérubin et à la démarche élégante tel un félin dans la savane. Cette jeune femme est grande, belle et menue. Elle a les yeux bleus, les cheveux châtains clairs, une bouche fine, des cheveux légèrement ondulés et des mains longues et fines parfaitement manucurées. Il croit avoir vu un ange tombé du ciel tellement elle l’émerveille. Mais il est conscient que leurs différences de classes sociales l’empêcheront de l’aborder et de lui sortir le grand jeu. De plus, elle ne l’a même pas remarqué et n’a même pas fait attention à lui. Cette jeune fille s’appelle Camille Lebars et est originaire d’un petit village de Bretagne. Ce petit village se nomme La Richardais et elle a habité dans le château de la Viconté près de la Rance. Elle vient d’une famille bourgeoise et a toujours vécu dans le luxe. Sa famille est venue s’installer dans la capitale pour découvrir les mondanités de la cour. Mais pendant le mois d’août, elle retourne au château. Camille a l’habitude de fréquenter des personnes de sa classe sociale et connaît les gens les plus influents de la capitale, des peintres aux sculpteurs, des hommes d’état aux écrivains, des comédiens aux chanteurs. Elle ne s'intéresse qu'aux gens de son milieu et ne prend pas la peine d'accorder son attention aux personnes d'une autre classe sociale. Elle pense qu'ils ne sont pas à sa hauteur. Camille a toujours attiré l'attention auprès des hommes et connaît donc la jalousie des autres femmes qui voient leurs maris se retourner sur son passage. Elle ne reste jamais avec un homme plus d’un mois.
Depuis quelques jours, Claude commence à peindre des tableaux complètement différents de ce qu’il a l’habitude de faire. Toutes ses nouvelles toiles ont un point commun, la présence de cette jeune femme d’une beauté spectaculaire. Il faut regarder attentivement ses œuvres pour remarquer cette personne qui est maintenant sa source d’inspiration. Prenons ce paysage, nous pouvons voir, là à côté du chêne, une demoiselle avec son ombrelle. Quand nous l’examinons de plus près, elle a les mêmes traits que Camille. Ses nouvelles peintures sont plus abouties que celles qu’il faisait avant et ce sont des réussites, des petits chef-d’ œuvres. Au fil des jours, Claude s'améliore et devient même excellent dans son domaine. Il n'ose pas montrer ses tableaux de peur que les gens se rendent compte de cette personne cachée derrière un arbre, sur un banc ou près d'une rivière. Cette intruse qui n'est d'autre que la femme dont il rêve toutes les nuits, toutes les heures à chaque seconde, cette demoiselle ne quitte pas ses pensées et on peut croire qu'elle ne veut pas partir de cet endroit si douillet, confortable et agréable.
Sa petite routine continue mais aujourd'hui, son existence est bouleversée. Il se promène sur les rives de la Seine pour saluer ses amis, discuter des nouvelles du jour, contempler les couples en barque pour une balade en amoureux. Son attention reste sur des amants qu'il a l'impression de connaître. Le teint de Claude devient blafard, il constate avec stupeur que cette dame n'est autre que la femme qu'il peint depuis des semaines. Ses yeux deviennent rouges, les larmes montent et ne vont pas tarder à couler s'il ne part pas d'ici tout de suite. Il fuit pour masquer son cœur brisé. Il s’arrête dans un bar pour boire pour oublier son désespoir. Toute sa figue artistique s’est envolée quand il les a vus s’embrasser fougueusement. Mais contrairement à ce qu’il pense, ses tableaux deviennent de mieux en mieux, comme quoi les sentiments rythment sa vie de peintre. Claude devient connu et même reconnu. Ses toiles se vendent très bien principalement celles qui contiennent Camille. Le succès tant attendu est arrivé, ce qui l'emplit d'une joie immense même si son cœur était toujours en pièce.
Claude est invité à la réception d'un peintre du nom d’Edgar Degas dans sa demeure au centre de Paris. Là-bas, il y rencontre tous les grands peintres comme Paul Gauguin et Auguste Renoir. Il apprend que Camille change d'amants comme de chemises. Il ne sait comment réagir, s'il devait être heureux du fait qu'il est peut-être sa chance, ou triste du fait que l'amour ne compte pas pour elle. Mais une lueur d'espoir est réapparue. Il pense que quelque chose est possible entre eux et il veut la revoir mais ne sait comment. Le voilà, le sourire aux lèvres qui sourit à tous les gens qu'il croise et à leur parler comme s'il est leur égal _ il rêve complètement d'ailleurs il ne va pas tarder à s'en rendre compte. La porte s'ouvre quelqu'un rentre, une femme avec une élégance reconnaissable d'entre mille. Camille approche vers lui, il croit qu'elle va lui parler, il se met le doigt dans l'œil. Elle n'est pas là pour lui mais pour son interlocuteur qui n'est autre que son nouvel amant. La déception se lit sur son visage. Leur histoire n'a pas l'air sérieuse donc Claude va essayer une approche pour attirer l'attention de cet ange tombé du ciel. Il obtient ce qu’il veut depuis un petit moment, c’est-à-dire lui parler. Voici la conversation :
-Bonjour chère demoiselle, c’est un plaisir de vous rencontrer, déclare Claude avec une admiration non dissimulée
-Bonjour, que me voulez-vous ? Qui êtes-vous ? répond Camille avec nonchalance
-Je suis Claude Ollivier, un des nouveaux artistes d’aujourd’hui. Je suis sûr que vous vous rappelez de moi et que vous connaissez mes tableaux, se glorifie Claude
-Peut-être, et votre visage est si commun à tous ceux des peintres de nos jours. Vous êtes tous pareil avec votre air nigaud, dit-elle avec dédain
-Je ne sais quoi répondre. Je suis juste venu vous dire que je vous trouve très belle, s’explique Claude
-Je sais bien que je suis plaisante contrairement à vous, rétorque la demoiselle
-Pardon ?
-Oui, vous êtes vilain, regardez-vous un peu. Vous avez vendu trois peintures et vous vous croyez déjà connu, le meilleur mais non, vous faites encore parti des miséreux et vous n’atteindrez jamais la haute société. Vous resterez toujours dans votre univers miteux où vous n’êtes rien pour les gens, s’exclame Camille cruellement
-Pour qui vous prenez-vous, je ne vous permets pas. Vous êtes connus juste pour vos frasques et ce désir perpétuel que vous avez de rabaisser les hommes et de les séduire pour les laisser en plan dix jours plus tard. Madame, vous n’êtes rien non plus, s’indigne Claude, Je vous salue et vous dit à jamais.
Elle le regarde avec condescendance avant de partir. Son cœur est en miette mais en même temps il est ravi d’avoir remis à sa place cette jeune femme qui se croit mieux que les autres. Elle l’a déçu et ne pourra jamais se remettre de cette conversation qui va le changer du tout au tout. Il part de cette soirée mondaine.
Le lendemain, il retourne au bord de la Seine pour peindre mais toute la magie est partie et ses œuvres ne sont plus les mêmes. Ses toiles ne se vendent plus car elles sont vraiment mauvaises. On pourrait croire que son talent est parti en même temps que la disparition de Camille dans son esprit. La misère revient dans son existence alors que les frivolités, eux s’en vont pour ne jamais revenir. Tout son monde vient de s’écrouler. En peu de temps il s’est habitué à cette nouvelle vie et a donc du mal à l’oublier. Il a trop profité des mondanités et a dépensé tout l’argent qu’il a gagné avec ses tableaux. Il est démuni de monnaie. Claude a pris du poids pendant ce petit moment de lumière. Mais l’ombre est revenue, il ne mange plus à sa faim. Il atteint une maigreur extrême qui fait même peur. Il finit par mourir le 16 janvier 1882 de son apparence squelettique. Il a commencé sa vie d’artiste miséreuse et il l’a fini miséreuse.
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jeudi 14 janvier 2010
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