Vol à double sens
Toute l'histoire que je m'apprête à vous conter, chers lecteurs, n'est en aucun point une invention. Chaque fait, chaque action que je vais vous relater est d'une réalité dont vous ne pourrez douter :
Tout commence le mardi 26 janvier, lors d'une réception organisée par M. Briochard, archéologue et historien, dans un musée dont il est le propriétaire à Paris. Ce musée n'est autre que le majestueux et royal Louvre orné de toutes ces feuilles d'or, symbole de l'aristocratie Française. La réception avait pour but de fêter les cent ans du musée et, en cette occasion, le propriétaire avait acheté un célèbre et convoité Van Gogh.
Le magnifique tableau avait été livré dans l'après midi puis peaufiné et préparé tel un mannequin avant un défilé. La salle du musée dans laquelle se déroulait cet anniversaire, avait été choisi de telle sorte que le tableau soit situé en plein milieu de la pièce, à la vue de tous les invités. Cette disposition mettait en valeur la richesse, autant culturelle que monétaire de M. Briochard ainsi que son goût pour les arts. La soirée se déroula sans aucune fausse note. Discours, repas, présentation expliquée du tableau, tout avait été planifié à l'avance par M. Briochard et ses acolytes. Cependant, ce n'est pas pendant la soirée qu'une découverte étonnante se produisit, mais à la suite des trente petites minutes durant lesquelles les invités quittèrent, par les différents chemins tortueux, le musée.Ce n'est qu'en revenant au cœur du Louvre, là où la réception s'était déroulée que M. Briochard se rendit compte que son tableau avait disparu. A l'instant même de sa découverte, il ne put ressentir que de l'admiration pour celui qui avait réussi ce que personne n'avait osé tenter auparavant. Il pensait que son musée était une forteresse inviolable. Pour se justifier cette admiration, il imagina que ce vol avait été commis sous son nez et celui de ses gardes. C'est en cet instant, seulement, qu'il se demanda où étaient passés les gardes du corps de son musée.
Il fouilla ce gigantesque bâtiment mais ce n'est qu'au milieu de la nuit, après plusieurs heures de recherche qu'il découvrit inertes, étendus, mutilés, sans vie, trois de ses quatre gardiens ce soir-là.
Puis, après s'être remis de cette vision d'horreur il se décida enfin à prévenir la police.
Quelques minutes plus tard, le jeune inspecteur, Jules Ribord, arriva sur les lieux du vol et du crime. Le jeune inspecteur était accompagné de ses deux coéquipiers. Tous trois avaient effectués leurs études d'inspecteurs ensemble. Cela faisait tout juste un an qu'ils étaient sortis de l'école de police. Ils étaient souvent victimes de railleries par leurs collègues. C'était dans le jargon policier, des bleus. Les trois compères avaient été conviés à la soirée de la veille et c'est avec stupéfaction qu'ils avaient appris qu'un vol et un triple homicide avaient été commis alors qu'ils se trouvaient présents lors de la soirée.
C'est avec une certaine honte qu'ils se présentèrent à M. Briochard. Ils auraient préféré que cette affaire soit confiée à d'autres. Ils étaient mal à l'aise face au pauvre homme larmoyant. Bernés, ridiculisés par un cambrioleur -meurtrier qui n'avait pas hésité à commettre son vice en leur présence. Cette pensée leur était insupportable. Dès lors, ils décidèrent de mener à bien cette enquête. De découvrir coûte que coûte l'ignoble crapule qui les avait ainsi humilié, d'une certaine manière. L'inspecteur Ribord commença son enquête par un interrogatoire du directeur du musée. M. Briochard eu la difficile tâche de raconter son aventure de la nuit ainsi que sa macabre découverte. Rapporter ces faits lui causait une souffrance qui lui donna les larmes aux yeux. L'inspecteur après avoir insisté auprès de M. Briochard sur un quelconque détail, quelque chose d'inhabituel ou encore un individu qui lui aurait paru suspect congédia le malheureux bonhomme. Ribord décida nécessaire de se rendre immédiatement au domicile du quatrième gardien. Malgré la confiance que lui porté le directeur, cet homme était le parfait coupable, à condition évidemment qu'il soit toujours en vie. Il pouvait tout aussi bien être complice et l'inspection de son domicile si c'était le cas leur apporterait probablement certaines réponses ou indices. Si ce n'est plus...
Ils se rendirent donc tout trois, en toute hâte au logement de M. Galbani, le gardien disparu. Il était tout juste huit heures du matin lorsqu'ils arrivèrent au 38 rue des orfèvres où logés l'homme recherché. L'appartement dans lequel il habitait, paraissait à première vue sinistre, lugubre, sombre au trois policiers. Un lieu où les bandits et trafiquants en tout genre prendraient place sans aucun doute. Les trois hommes montèrent les six étages menant à l'appartement et arrivèrent devant une porte en bois qui reflétait bien l'état miteux de l'immeuble. Ribord sortit son arme à feu suivit de ses deux compères. L'un deux était Frimard, policier connu pour son courage et altruisme pour les autres. Il donna un coup contre la porte qui céda sans plus de résistance. L'appartement était sombre et sans lumière, seul deux petites fenêtres laissé entrevoir le soleil qui s'éveillait. Frimard, en première ligne, aperçut une ombre dans un coin au fond de la salle, l'ombre était grande, imposante. Frimard eu des frissons en l'apercevant et dirigea le conduit de son arme en direction près à faire feu. Soudain un obscur éclair jaillit du centre de l'ombre accompagné d'une douce détonation. Ribord et le troisième policiers, Solomon, se jetèrent dans la pièce. Solomon tira à deux reprises en direction de l'ombre, un cri retenti lors du second tir, l'homme était touché.
Ribord alluma la lumière et découvrit Frimard étendu, gisant dans ce qui semblait dans la pénombre, son propre sang. Son assassin était lui gravement touché et perdait son sang dans un flot continu. Les deux hommes toujours debout appelèrent les secours mais Frimard n'était déjà plus. Restait à sauver son assassin. Il fut sauvé de justesse par les secours. Il n'était pas tel que son ombre l'avait représenté. C'était un petit homme plutôt trapu, d'un âge avancé et dont le visage ridé reflétait l'appréhension de la peine à laquelle il se savait d'avance condamner. L'identification du personnage se fit par le biais du directeur du musée qui affirma que cet homme était bien son ancien gardien. L'interrogatoire mener par Ribord fut rapide, l'homme n'opposa aucune résistance. Il avoua être complice du triple homicide et du vol mais qu'il n'en était aucunement le commanditaire. Un riche collectionneur avait pris contact avec lui puis proposer contre une importante et gargantuesque somme d'argent le vol de cette œuvre. M. Galbani s'était heurté à un problème lorsqu'il avait mit en place son plan. Il fut dans l'obligation d'assassiner ses trois collègues et ce n'est pas cela qui le dérangeait apparemment. Il ressentait même une certaine gloire à avoir commis ces trois meurtres. Ce qui l'inquiétait, était davantage les représailles auquel il s'exposerait en donnant le nom du collectionneur. D'après lui l'homme qui l'avait engagé avait le bras long et même en prison il ne serait pas en sécurité. Malgré tout la peine écourtée que lui proposé l'inspecteur lui parut alléchante et il dénonça le collectionneur. D'après ses aveux l'homme se nommé Antonio Tagliani, d'origine Italienne, il aurait immigré en France à cause de la mafia. L'inspecteur décida de ne prendre aucun risque et se rendit donc accompagné d'une dizaine de policiers à la demeure du contrevenant.
L'homme habitait une somptueuse villa dans la banlieue chic de Paris. Les policiers et les deux inspecteurs entourèrent la demeure et ne voyant aucun agent de sécurité ni danger, défoncèrent la porte et appréhendèrent de suite M. Tagliani. Il ne cessa pas un instant de récrier qu'il était innocent, qu'il ne savait même pas de quelle affaire il s'agissait. Cependant le tableau volé fut découvert peu après caché sous le lit du riche collectionneur. M. Tagliani n'arrêta pas un instant de clamer son innocence en affirmant que c'était on coup monté contre lui, une conspiration de ses ennemis. Il comparut devant le juge une quinzaine de jours après son arrestation, l'affaire avait fait du bruit. Tout Paris en attendait le dénouement. On jugea donc rapidement M. Tagliani au côté du gardien. Il y eut un face à face entre les deux hommes l'un affirmer reconnaître son employeur tandis que l'autre ne reconnaissait pas l'employé. On décréta les deux hommes coupables. Le gardien écopa de la prison à vie et le collectionneur de vingt ans de réclusion criminel grâce à une large compensation financière au juge qui lui évita la guillotine et un chèque au directeur de la prison qui diminua largement sa peine.
L'inspecteur Ribord et Solomon estimèrent leur mission accomplie mais cette affaire fut pour tout deux éprouvante. Solomon se déclara choquer et inapte au travail après la mort de Frimard, il obtint son droit de démissionner et quitta Paris. Ribord lui poursuivit sa carrière d'inspecteur jusqu'au jour où...
M. Tagliani, vingt ans plus tard, sortis de prison. Sa fortune était intacte mais son honneur et sa bonhomie furent largement touchés par ces vingt ans de réclusion. L'homme auparavant joyeux était maintenant sombre, mélancolique et son caractère basé sur l'altruisme et la gaieté était maintenant plein de retenu. Malgré tout, ses idées était toujours claire et il se savait innocent et victime d'une injustice. Pour cette raison il décida en premier lieu de se rendre au musée du Louvre où l'œuvre qu'il avait soi-disant volé se trouvait entreposé. Il arriva face au tableau et c'est avec une certaine émotion et un certain effort qu'il réussit à poser ses yeux sur l'œuvre qui lui coûta vingt ans de sa vie. Mais cette avec encore plus d'émotion que le collectionneur et par conséquent connaisseur remarqua divers détails indiquant que ce tableau n'était pas authentique et encore moins un Van Gogh. Ce tableau ne se trouvait être qu'une vulgaire copie. M. Tagliani se rendit donc au commissariat où il demanda à voir l'inspecteur Ribord. Par chance celui-ci était présent ce jour dans son bureau et il reçu M. Tagliani immédiatement mais avec une légère escorte.
L'inspecteur surpris de cette visite inopportune interrogea le collectionneur, qu'il avait lui-même mis en prison, sur les raisons de sa venue. Celui-ci lui conta sa découverte et sa colère en lui répétant qu'il se savait victime d'une machination. L'inspecteur Ribord avait été marqué par cette affaire dans ses débuts dans la police. Elle avait été pour lui éprouvante de par la mort de son coéquipier mais aussi une réussite car il estimait avoir capturait les auteurs du délit. Mais il était affairé d'apprendre à présent qu'il s'était fait berné et ce n'est pas avec une grande difficulté qu'il comprit la supercherie. Il se souvînt que le soir du vol son coéquipier, Solomon était présent. C'était aussi Solomon qui s'était lui-même imposé la tâche de vérifier l'authenticité du tableau et de le rendre au musée. Et c'était aussi lui qui avait déclaré être choqué par l'affaire et qui avait démissionné et disparu dans la nature. A présent tout été clair pour l'inspecteur chaque détail de cette affaire lui revenait. Chaque lien, chaque indice qui aurait du le mettre en doute lui réapparut. Solomon était l'infâme, le cupide et le cruel voleur qui avait manigancé se plan machiavélique.
C'est ainsi que se termine mon récit. Le voleur n'était autre que Solomon. Un coupable peut en cacher un autre. J'ai dans l'espoir, lecteur et lectrice, que ce texte vous est apparu comme authentique.
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jeudi 14 janvier 2010
Vol à double sens
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