Déclaration d’un jeune homme .
Accusé d’avoir tué sa mère, il s’est enfin exprimé et a décidé de nous de faire connaître sa dramatique histoire.
Le 19 janvier 1930, après avoir reçu une lettre alarmante de sa sœur concernant l’état de santé de leur mère, il décida d’aller s’occuper d’elle dans son petit village près de la frontière franco-allemande où elle occupait une vaste demeure.
Il partit dès le 22 janvier, laissant de coté ses études de médecine. Il prit le train et se retrouva quelques heures plus tard dans le traditionnel petit village rural de sa mère qui ne l'attendait probablement pas .
Il retrouva seul la maison de sa mère, grâce au vague souvenir qu’il avait gardé de son dernier passage avant de se lancer dans de brillantes études, il y avait plus de trois ans.
A son arrivée, c’est une maison quelque peu jaunie et délabrée qu’il redécouvre. Il me déclara ensuite: que la porte était déjà ouverte, qu’il s’est présenté avant d’entrer et qu'il n'a pas forcé la porte pour se glisser sournoisement dans la maison ; contrairement à ce que sa mère avait, elle, déclaré à son psychiatre avant de mourir.
N’obtenant pas de réponse , il décida d’entrer chercher sa mère . Au premier étage ne trouvant personne , il monta alors et la trouva , affalée sur le sol .
Il se précipita alors vers elle , mort d’inquiétude à l’idée qu’il soit arrivé trop tard . Mais au moment où il posa ses mains sur sa mère pour s’assurer qu’elle respirait , elle ouvrit les yeux et se mit à crier qu’on l’agressait . Il tenta de la calmer , sans succès . La vielle dame criait encore plus fort et, très vite, Jean , le voisin le plus proche et ami de la famille accourut et, sans écouter les explications du jeune homme , le mit à la porte de la bâtisse avant de retourner s’occuper de sa vielle amie , qu’il pensait avoir sauvé des mains d’un cambrioleur . Ce n’est que plus tard qu’il ressortit s’assurer que le cambrioleur avait bien disparu mais, il le retrouva assis sur les marches du perron , le regard vague . Heureusement, Jean semblait cette fois près à écouter .
Jean , m’a raconté que bien que son histoire soit plausible , il a toujours gardé de la méfiance à l'égard de cet étrange jeune homme débarqué tout droit de la ville , juste avant la mort de sa mère. De plus, la visite du jeune homme tombait quelques jours avant celle de sa mère au notaire, pour revoir une dernière fois son testament.
Finalement , Jean rentra chez lui , pour que le fils et la mère puissent se retrouver après tout ce temps .Mais il remarqua dès la première semaine de l’arrivée du fils ,le changement de caractère de son amie . elle ne sortait plus de chez elle , les rideaux de la vieille maison étaient maintenant clos nuit et jour .
De l’extérieur, on ne distinguait que la faible lumière du salon mais jamais pendant toute la durée du séjour de son fils , les voisins n’entendirent la vieille dame , de plus du jour de l’arrivée de son fils jusqu’à sa mort , les villageois ne la revirent pas .
La suite de l'histoire,je ne l'appris pas pendant la journée que je passa avec le jeune homme, mais au cours du procès. Je me souviens , de son incroyable calme durant tout le procès , jamais un mot plus haut que l'autre , même quand sa propre famille cria à sa culpabilité .
J'ai pris note de sa déclaration qui commença au départ de Jean , quand il se retrouva seul avec sa mère dans la vieille maison . D'après lui , elle avait comprit qu'il était son fils et était très contente de le retrouver . Lui trouvait sa mère changée ,il déclara que :" durant la semaine elle changea plusieurs fois de comportement" , au début, comme il l'a dit , elle riait beaucoup et lui racontait tous les détails, même, les plus futiles, qu'il avait manqué en partant .
Durant son procès une de ses phrase décrivait bien ce qu'il ressentait , je l'ai donc retranscrite sans changement pour pouvoir vous la citez :
" ce n'était pas ma mère que j'avais devant moi , mais une petite fille d'environ neuf ans et qui comme un enfant à qui on a trop donné , attendait de moi que je réponde à ses moindres désirs , sans jamais protester ".
Sa mère, si elle s'est comportée de cette manière à la fin de sa vie, avant elle était différente, le témoignage de Marcelle, la sœur, ainsi que ceux des villageois, lors du procès , n’allaient pas en faveur du jeune homme . Au contraire tous l’accablaient en prétendant que le vieille femme allait très bien avant l’arrivée de son fils , et insinuaient même que sa mort avait un lien direct avec son arrivée . Selon eux, ce serait la chute qu’aurait provoquée son fils qui l’aurait mise dans cet état . Car pendant le séjour de son fils , elle aurait glissé dans l’escalier . Le médecin qui l’examina ce jour là , attesta que la chute pouvait être accidentelle aussi bien que provoquée par une personne. Elle dit à son médecin quand il lui demanda comment elle était tombée , qu’elle avait glissé sur sa jupe et que son fils n’avait rien à voir avec cet accident .Cette chute n’aida pas la vieille femme à retrouver ses esprits , au contraire, son fils put constater de jour en jour la dégradation de la santé mentale de sa mère . Il déclara , qu’elle était devenue paranoïaque que, pour elle, tout le monde lui voulait du mal . Elle s’enfermait chez elle avec son fils parce qu’elle se sentait épiée .
L’enquête révèla que la sœur , Marcelle , appelait sa mère au moins trois fois par jour .Selon le jeune homme, ces appels ne réconfortaient pas la vieille dame ,qui continuait à voir le mal partout . Elle commençait à se méfier de lui , il lui arrivait de se cacher dans la maison pour ne pas qu’il la trouve , de s’enfermer dans un pièce . Elle n’agissait plus comme une petite fille mais comme une femme battue qui essaie de se protéger de son agresseur .Il ne pouvait plus l'approcher, sa mère avait peur de lui et les appels délirants de sa sœur accentuaient de jour en jour l’état paranoïaque de leur mère, encore selon le jeune homme. Sa sœur aurait convaincu leur mère qu’il était coupable de sa chute , et qu’il lui voulait du mal, proclama t-il à son procès avant être jugé coupable.
La suite , qu’il me raconta la veille du second procès en appel ,ne s'arrangeait pas,
au contraire , elle transformait sa peur en animosité contre son fils , qu’elle voulait à présent chasser de chez elle . Plusieurs fois , il trouva sa valise faite , près de l’entrée ; elle n’écoutait plus son fils et lui reprochait de l’avoir poussée dans l’escalier sans ménagement . Il me confia , qu’il regrettait de ne pas être parti avant que la situation ne s'aggrave encore plus, mais qu’il n’avait pas pu se résigner à la laisser seule même si maintenant il le savait ,cela aurait été mieux pour lui comme pour sa mère . Il me raconta l'événement qui l'incita à partir et à laisser sa mère aux soins d'un psychiatre :ce fut le soir où, sa mère étrangement calme décida de rajouter à sa soupe quelques gouttes d'un puissant analgésique . Heureusement , lui aussi était devenu méfiant. Alors, quand il sentit l’arrière goût , il recracha instantanément la gorgée qu’il avait prise , et décida de quitter la demeure dès le lendemain .
Sa mère avait fini par avoir raison de lui , il avait quitté la maison .
Il prit quand même la précaution d’appeler un psychiatre pour que celui-ci aille examiner sa mère et qu’elle ne se retrouve pas complètement seule . Précaution inutile, car, à son arrivée , le psychiatre ne put que constater ,qu’elle était en train de vivre ses derniers instants . Mais avant de se laisser partir , elle lui raconta une version de l’histoire , une version où :" son fils était le seul coupable de sa mort , qu’il avait tout programmé pour être le seul héritier des biens de sa mère .Mais qu’elle avait réussit à déjouer son plan , elle avait retiré son fils de son testament , il n’aurait le droit à rien " proclama ce psychiatre lors du second procès . Le psychiatre ne devait plus que appeler la police ,lui livrer ce qu’il savait et le testament déshéritant le fils et laissant comme seule bénéficiaire Marcelle. Quand , les enquêteurs arrêtèrent le fils , ils lui apprirent la mort de sa mère avant de lui signifier qu'il était déshérité. Puis très vite, il fut jugé, coupable et condamné avant même la fin de son procès. Personne ne prit la peine de chercher une autre piste puisqu’on avait déjà le coupable idéal . Au second procès, on ne parla pas non plus du long échange téléphonique entre Marcelle et sa sœur qui se déroula après le départ du fils mais avant l’arrivée du psychiatre. Aujourd'hui tout ce qui reste dans les esprits de cette histoire : c'est le décès de la vieille femme suite à un empoisonnement . Le jeune actuellement en prison pour avoir tué sa propre mère et sa soeur jouissant pleinement des biens familiaux ont été oubliés .
La vieille femme est décédée suite à un empoisonnement et son fils est actuellement en prison pour avoir tué sa propre mère .
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mercredi 20 janvier 2010
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